Solidays 2014 – Report

Paris a débuté l’été de ses grands festivals avec le plus solidaire, bon enfant et festif d’entre eux : Solidays. Tous à Longchamp du 27 au 29 juin 2014 pour lutter contre le sida, aider les associations et profiter d’une prog’ qui dépote ! Sous l’œil bienveillant de Mandela. Live report des trois jours.

  • Vendredi 27 juin :

BretonAprès une marche de bagnard depuis la station Jean-Jaurès et m’être tapé la moitié du bois de Boulogne (à pied, pas de suspicion svp), j’aperçois au loin, comme un mirage inespéré, le sacro-saint, le Graal : l’ENTRÉE ! Bordel, Solidays, ça se mérite ! Sauf que : « La presse ? Non, ce n’est pas là, c’est tout au bout, t’en as encore pour un bon quart d’heure… » What the fuck ? Je sors un gun ? J’explose un ou deux bénévoles ? Bon, comme je suis gentil et que je suis là aussi pour être solidaire, je reprends mon calvaire d’un pas un peu plus alerte, car je sens que je vais rater en beauté Paris Jeune Talent, notamment Bel Plaine. Bingo ! Je les loupe. Je me dirige alors vers le Domino pour voir James Vincent Mc Morrow, mais j’arrive juste pour la fin. J’ai un problème avec les horaires, ou quoi aujourd’hui ? La voix planante et aérienne de l’Irlandais m’a l’air envoûtante et mélancolique à souhait. Dommage. Je zappe ensuite la Rue Ketanou, le folklore « accordéon-parigot-de-Ménilmuche » – comment dire –, ce n’est pas mon kiffe et je me protège sous la salle du Dôme, où le groupe anglais Breton déboule. Sympathique et chaleureux, avec une énergie qui fait plaisir à voir, le chanteur Roman Rappak (au français impeccable), harangue la foule, s’amuse et fait vibrer le chapiteau coloré du Dôme !

Solidays 2014Je jette un rapide coup d’œil amusé à la sœur de Vincent Cassel qui constitue à elle toute seule le groupe HollySiz. Sous le Domino, elle donne de sa personne, son show est bien rodé, elle est à fond dans un revival 80’s (d’ailleurs, on en sort quand, de ce revival qui s’éternise ?), mais j’ai l’impression d’avoir entendu ça deux cents fois. Bon après tout, on est là pour bouger son cul, non ?! Puis je me traîne vers la grande scène Bagatelle. Les têtes d’affiches se succèdent jusqu’à la fin de la nuit pour faire jumper les kids. Bizarrement, ça m’intéresse moins. Yodélice a une vraie belle voix, mais le personnage est un peu trop lisse.

Solidays 2014– M fait son show et, qu’on apprécie ou pas sa musique, il assure bien, comme un vrai pro. Je loupe Har Mar Superstar qui, paraît-il, a tout défoncé. Et puis Fauve, qu’on avait déjà vu à Rock en Seine et qu’on a interviewé. Allez, c’est la nuit, tout le monde s’éclate sur Shaka Ponk, Vitalic… On n’est plus là pour critiquer. D’ailleurs les vapeurs de toutes sortes (alcool et herbes aromatiques…) empêchent toute réflexion. Mais l’heure tourne, je me sens rincé et j’ai encore deux jours à m’avaler. Je reviens demain, promis !

  • Samedi 28 juin :

Les soeurs de la perpétuelle indulgenceBiiiiiiip. En fait non, je ne reviens pas. Une petite toux de papy qui m’a cloué au plumard ? Le pinard frelaté de Solidays qui m’a dévasté les boyaux ? La pluie torrentielle non stop qui aurait découragé le plus endurci d’entre nous ? Sans doute un peu de tout ça, en tout cas j’ai fait mon « day off » aujourd’hui. Et tant pis pour Franz Ferdinand que je voulais absolument voir ! Pour vous consoler : le petit report de l’an dernier de Franz à Rock en Seine est ici.

  • Dimanche 29 juin :

TriggerfingerJ’ai repris du poil de la bête, et je ne suis plus tout seul ! Ma rédac’ chef, Caroline, m’accompagne. Pourtant ça commence mal, on est bloqués pendant une plombe devant l’entrée presse. François Hollande, paraît-il, va débouler aux Solidays. Et il est tellement « président normal » que les flics sont partout et que le moindre badge est suspect. On a l’impression d’être en temps de guerre, ou d’une arrivée triomphale de Lady Gaga sur un trône en or. Drôle de « normalité ». Bref, on loupe la conf’ de presse de Christine & the Queens. Merci François. Direction donc la scène Paris pour voir les Belges allumés de Triggerfinger. Costards loufoques, rock métal bien lourdingue, guitare agressive, tous les ingrédients sont là pour du putain de vrai rock, baby ! Super ambiance et énergie communicative ! Puis on traîne nos baskets défoncées sur un sol boueux et mouvant inconcevable : « Ça sent le purin et la fosse aux cochons, ou c’est moi ?? » me demande Caroline les yeux épouvantés.

PatriceAllez, on fonce voir Patrice en conf’ de presse, un peu de douceur dans un monde de crasse. Lumineux et disponible, il répond gentiment aux questions, puis confirme sur la grande scène Bagatelle qu’il est largement capable de faire vibrer une foule entière avec sa musique et sa vitalité. Chouette prestation. Bien mieux que Vanessa Paradis qui s’époumone sur la scène Paris. On a beau tous connaître son répertoire par cœur, on n’en reste pas moins abasourdis par son manque de présence et de voix. Christine & the Queens s’en tire, elle, avec beaucoup plus d’honneur sous le chapiteau Domino. Une mise en scène visuelle, une voix, une présence. À suivre, sans doute, dans les prochains mois… On loupe Girls in Hawaii (et là on s’en veut), et on écoute Metronomy, sympa, frais et dansant. En tout cas, c’est une musique qui ne prend pas la tête ! Puis direction la scène Bagatelle. On fait l’impasse sur le super groupe St. Lô qu’on adore, mais qu’on a vu très récemment (ici). Parce que là, tout de suite, présentement, immédiatement, c’est Woodkid !

Je reste médusé pendant une heure, captivé par son show, sa musique, son univers sombre et technoïde… Oui, tout ça est mégalo, oui c’est à la limite du mauvais goût parfois, mais putain, ça envoie !! Woodkid fait facilement le grand écart musical entre des mélodies symphoniques et des beats bien plus technos, bien plus hardcore, bien plus tribaux qui font vibrer tout Solidays. Les visuels, tout en noir et blanc, donnent au concert une note presque mélancolique voire mystique, en tout cas assurément romantique. Et quand on tente de partir, les fans continuent à entonner ses chansons en refrain comme pour ne pas le quitter « wahtever I feel for you, You only seem to care about you... » Le groupe Skip the Use conclut, lui, le festival sur un rythme de bourrin (on est dans un hippodrome, ne l’oublions pas !) et agite une dernière fois la foule fatiguée,détrempée, mais énergique.

Solidays 2014Nous, on est laminés. Nos pieds (tiens, on en a encore ??) sont dans un état proche de la décomposition, on regarde les lumières multicolores et les chapiteaux illuminés qui donnent un air magique de fête foraine au lieu. Solidays, c’est fini cette année et on applaudit chaleureusement les bénévoles en sortant. Ambiance joyeuse. Ah, au fait, on a oublié le détail qui flingue : encore vingt minutes à marcher pour atteindre le métro…

2 avis pour “Solidays 2014 – Report

  • 03/07/2014

    Un report très vivant… Les festivals ce n’est pas mon truc (trop de bruit, trop gens, trop de binouze, trop de boue et pas assez de glamour), mais là au moins, j’ai l’impression d’avoir vécu le truc avec vous, tout en préservant mes petons :).

  • 01/07/2014

    J’ai adoré Solidays… par vous !
    Bon, après, je reste une inconditionnelle de Vanessa !

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