Naomi Kawase, une femme de goût : Interview

A l’occasion de la sortie en salles de son dernier film, Les délices de Tokyo, la célèbre réalisatrice japonaise Naomi Kawase a bien voulu répondre à quelques-unes de nos questions, nous livrant ainsi un peu de sa vision de la gastronomie, et de l’existence.

www.horsdoeuvre.fr : On sent dans le film que cuisiner a du sens pour vous et a une grande portée émotionnelle, sensuelle, spirituelle. Quelle place a pour vous la nourriture, la gastronomie et la cuisine ?

Merci de me poser la question ! J’aime vraiment, vraiment beaucoup manger et faire la cuisine. Je fais pousser mes propres légumes et mon riz ; je fais même du miso maison (la pâte de soja fermentée), et des pickles. La cuisine japonaise traditionnelle et ses ingrédients sont le plus souvent obtenus par fermentation, ce n’est pas quelque chose où vous pouvez vous contentez de “planter” puis de “moissonner” dans la foulée. La fermentation est un procédé qui prend du temps, et qui est qui plus est soumis aux conditions climatiques naturelles. En revanche, vous obtenez grâce à elle un goût unique et merveilleux. Elle est pareille à la vie, une belle aventure remplie d’amour. J’ajouterais également que sur les tournages, toute l’équipe Kawase est très bien nourrie.

HdO : Si les scènes de cuisine sont très poétiques, elles sont également filmées avec beaucoup de réalisme : pourquoi avez-vous souhaité filmer ces scènes de cuisine dans le détail, à la façon d’un documentaire ?

J’en reviens à ma réponse n°1… Les acteurs peuvent s’imprégner au plus profond d’eux-mêmes de la façon dont on prépare la pâte de haricots rouges en la fabriquant “pour de vrai”. Donc oui, le caractère réaliste de la réalisation est très important. Un autocuiseur à vapeur permet de cuire les haricots rapidement mais la méthode employée par Tokue – la pâte de haricots rouges cuit lentement et doucement, juste à frémissement – est à mon sens très importante. L’assaisonnement dans la cuisine traditionnelle japonaise est très délicat, et la présentation toujours très soignée, utilisant souvent beaucoup de matériaux naturels.

AN (Les délices de Tokyo) - Naomi Kawase
AN (Les délices de Tokyo) – Naomi Kawase

HdO : Quel est votre plat favori ? Et pourquoi ?

Ce que je préfère entre tout c’est manger les légumes que j’ai fait pousser moi-même avec juste un peu de sel. J’adore la cuisine japonaise et son assaisonnement simple et léger qui permet de retrouver la saveur originelle des produits. Mon plat préféré est l’Ohagi, un dessert traditionnel fait de riz gluant et de pâte de haricots rouges.

HdO : Où mange-t-on au Japon les meilleurs dorayakis ?

C’est une question très difficile, il existe des milliers de pâtisseries au Japon où l’on peut déguster de délicieux dorayakis ! J’aime beaucoup Futasu Cha-ya, une pâtisserie à Kobe qui existe depuis plus de 80 ans.

HdO : Qui est votre chef pâtissier favori et pourquoi ?

Monsieur Wakita, le chef pâtissier et propriétaire de la pâtisserie “Kuki Cake”. Il prépare un merveilleux gâteau avec une crème fouettée aérienne et un biscuit de savoie délicieusement moelleux.

HdO : Y-a-t-il une spécialité culinaire (pâtisserie ou autre) française que vous aimez tout particulièrement ?

J’adore le confit de canard, la vichyssoise et les boules de neige.

Naomi Kawase est la réalisatrice de, entre autres, Les Délices de Tokyo (An), Suzaku, La forêt de Mogari, Hanezu l’esprit des montagnes…

crédit photo : Chiara Mirelli

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