L’Entêtée

Elle voulait enseigner l’équitation, mais a finalement troqué les chevaux pour les fourneaux. Bien lui en a pris ! Si Julie Ferrault n’avait pas renoncé à sa première vocation, j’aurais maudit tous les canassons du monde. Elle a eu mille fois raison, cette jeune chef pétillante, de se lancer puis de s’entêter dans ses projets culinaires. De la crème de cresson au curry au pot de crème fenouil et vanille en passant par le cabillaud au lard et à l’orange accompagné de rattes confites, ses recettes m’emballent totalement. Julie Ferrault mêle en effet avec finesse et espièglerie cuisine bistrotière, gastronomie bourgeoise, astuces de grand-mère, notes sensuelles et touches nomades. « Je ne cherche pas à agresser les papilles, mais à décaler les saveurs », nous précise-t-elle tandis que je prends place avec une amie au cœur de l’Entêtée, le charmant petit restaurant que la jeune femme a ouvert en 2007. Loin d’être agressées, nous avons été au contraire enchantées par cette cuisine étonnante et raffinée, où herbes et épices décoincent les plats les plus tradis, où les saveurs sont franches tout en restant féminines et légères. Entêtante cette Entêtée !

L’Entêtée
4, rue Danville 75014 Paris
tel : 01 40 47 56 81
www.myspace.com/entetee
http://fr-fr.facebook.com/pages/LENTETEE/118986041447981

Vraiment originale cette cuisine qui fleure bon les herbes, les épices et le lait de coco sans pour autant lorgner de manière trop appuyée du côté de l’Asie. Beaucoup de fraîcheur, d’entrain, en accord avec le quartier et ses agréables rues piétonnes. « Une cuisine de femme » grinceront certains. Peut-être, pour le côté personnel et affectif de cette approche bistrotière, mais c’est tant mieux !

L’endroit est tout petit. Lorsqu’il y a peu de monde c’est parfait, en revanche, lorsque c’est bondé, mieux vaut ne pas être pressé, et ce dès l’apéritif. Enfin, autant mon entrée (une soupe « thaï » douce et parfumée) et mon plat (un poisson blanc à la chair nacrée) étaient impeccables, autant le dessert m’a laissé sur ma faim, c’est le cas de le dire. Ce pain perdu saupoudré de chocolat, dût-il évoquer l’enfance, consistait en une microscopique tartine, mais alors vraiment microscopique ! Dommage après un si bon repas…

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