Interview Mr Day

La rédaction de www.horsdoeuvre.fr a eu un vrai coup de cœur pour le deuxième album du groupe lyonnais Mr Day, Dry Up in the Sun ! Interview dans la foulée du chanteur et guitariste Éric Duperray, connu également pour son autre groupe, The Dynamics.

Right On

Éric Duperray est souriant et détendu, pourtant il vient de loin, enfin de Lyon, dont le groupe est originaire, pour un enregistrement radio. Vu d’ici, la scène lyonnaise a l’air d’être en ébullition. Mais comment s’est-il formé, ce groupe, au juste, qui nous livrait dès 2007 le très soul Small Fry ? « Mr Day s’est concrétisé grâce à la rencontre avec les bons musiciens, une suite logique en quelque sorte… J’ai rencontré le bassiste, Bruno Hovart, et le batteur, Rémy Kaprielan, en faisant du home studio sur des projets jazz et reggae qui n’avaient rien à voir avec ce que nous faisons actuellement. Nous avons de là, évolués doucement vers Mr Day. Bruno est toujours producteur et bassiste de Hawa – dont le premier album est sorti récemment – qui tourne pas mal en ce moment. Il produit également Mr President et, pour ma part, je continue en parallèle avec The Dynamics. J’espère que je n’oublie rien… »

Donc Mr Day n’est pas un homme seul, ce n’est pas l’avatar du seul Éric Duperray ? « C’est vrai que je compose les morceaux seul ou avec Bruno, mais ensuite, nous arrivons en studio avec des titres inachevés afin de les donner au groupe, histoire d’investir tout le monde dans la création et de se rapprocher le plus possible de ce que nous faisons en live. »

Party Party

Dry Up in the Sun est un album qui file une méchante patate ! De bons riffs groovy qui donnent envie de danser ou de se prélasser au soleil, de filer en voiture vers la mer en chantant à tue-tête. De la bonne énergie, de bonnes vibes… « Tant mieux si cette énergie ressort ! Nous voulions vraiment capter l’énergie du live, ce qui est assez difficile lorsque l’on se retrouve en studio, sans public, seuls…On a vraiment travaillé dans ce sens là, afin d’avoir quelque chose de brut, de direct, qui puisse tourner librement comme en concert. D’où le fait qu’il y ait assez peu d’arrangement par rapport au premier album, Small Fry. »

Pour ma part, je trouve que la voix d’Éric Duperray y est pour beaucoup. L’idée de sonner comme « un chanteur black » a l’air de lui plaire et le fait sourire : « C’est vraiment la façon dont je chante, je n’ai jamais vraiment travaillé ma voix, en studio ou ailleurs. J’imagine que cela vient aussi de tout ce que j’ai écouté ! »

One Step

Eh oui, les influences, il faut bien en parler ! Car Dry Up in the Sun regorge d’allusions, d’emprunts par petites touches, à la soul bien sûr, au rock psychédélique, mais aussi à la musique électroacoustique. Je lui parle de Pierre Henry, Éric n’a pas l’air surpris. « Pierre Henry, effectivement, nous avons quelques disques de lui, mais nos influences sont plus inconscientes qu’autre chose ». Le ska ? Là aussi, il approuve : « One Step y fait directement allusion, et puis il y a le reggae. Ce serait faux de dire qu’il n’y a pas du tout de nostalgie là-dedans, car l’album fourmille de références à des disques faits il y a vingt, trente ans, voire plus. En revanche, il n’y en a pas, dans le sens où nous allons toujours de l’avant, dans une perspective de création permanente. Cela fait partie des choses que nous emmagasinons et qui ressortent, se mélangent. Nous abordons les morceaux, leurs arrangements, finalement assez librement. »

Forgotten Realms

Mais alors ? Est-ce que Mr Day ne s’inscrirait pas dans une tendance actuelle qui consiste à regarder en arrière et à reprendre le style, la couleur musicale d’un mouvement du passé, un peu à la manière de Daptone Records ? Cette fois, Éric Duperray est un peu moins d’accord. « Ce sont des gens que nous apprécions beaucoup. On écoute pas mal de projets qui viennent de chez eux, Sharon Jones ou Charles Bradley plus récemment. Nos techniques d’enregistrement analogiques sont à peu près les mêmes, mais la vraie différence est leur volonté, bien plus que pour nous, de rester dans une musique « fidèle à l’originale ». Sharon Jones, par exemple, représente le côté funk à la James Brown, reste dans ce son-là et le fait merveilleusement bien. En revanche, nous ne cherchons pas à coller à une référence précise, mais plutôt à une grande variété de musique. Nous avons la même démarche mais créons différemment. »

Tout de même, une petite reprise comme celle de Queen of the Minstrels, interprétée en 1969 par The Eternals, le groupe de Cornell Campbell… « Oui, on adore ça ! Il y a peu, nous avons fait une reprise d’Amy Winehouse, Rehab, et nous l’avons interprétée un peu autrement. Ce qui est drôle, c’est d’aller chercher un genre de musique aux antipodes et d’en faire quelque chose de complètement différent. »

Food for soul

La musique de Mr Day donne envie de bouger et de ne pas se prendre au sérieux. Et alors que je me posais la question d’un accord « drink – tune* », Éric Duperray me parle d’un projet un peu fou (et pas encore confirmé… chut !) imaginé par un producteur de vin autrichien. « Mr Day inspire les cavistes ! » Voilà qui le fait bien rire, pourtant la chose est sérieuse : « Une chanson, une bouteille, une étiquette, une couleur musicale pour un vin particulier. La chanson Caveman serait donc associée à un vin rouge profond… » L’idée de cette cuvée vintage lui plaît et il le confirme, hilare : « Si Mr Day était un vin, ce serait un vin doux, chaleureux et corsé. »

Allez, mettez-m’en une caisse ! Pardon… Je remets l’album ! Mr Day really makes my day !

* chanson – boisson

Mr Day sera en concert gratuit le 30 juin 2012 au théâtre de verdure de Vaulx-en-Velin (69)

Les 7, 13 et 27 juillet, certains membres du groupe joueront les D. J.’s à la Marquise à Lyon (gratuit)

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