The Worst Record Covers in The World ou Comment rire du pire

Besoin d’une idée pour des vacances rock’n’roll ? Direction l’Angleterre, non pas pour aller au festival de Reading ou au David Bowie Centre du Victoria & Albert Museum, non non, cette année, vous allez à Mansfield, dans le Nottinghamshire. Une fois arrivés, posez vos valises au pub du coin et filez découvrir l’exposition « Worst Record Covers » au Mansfield Museum.

L’exposition en question, multi-récompensée et loufoquement géniale, réunit quelques quatre cents pochettes de disques amoureusement collectionnées par Steve Goldman d’après un seul critère : elles sont toutes affreuses. Et encore affreuses, c’est un euphémisme ! Grotesques, bâclées, hideuses, à côté de la plaque, et surtout totalement absurdes, ces exemples de créativité graphique débridée provoquent à coup sûr – à moins d’être aveugle ou totalement dénué d’humour – d’irrépressibles crises de fous rires.

Wild Butter - Wild Butter

Wild Butter – Wild Butter

Tout commence dans les années 80 lorsque Steve Goldman tombe par hasard sur un album au prix très raisonnable (10 pence) et à la pochette… comment dire ? A mi-chemin entre l’Île du docteur Moreau et un Gérard Majax sous acide, Roadstar, du groupe Peter Rabbitt (CQFD) est un chef d’œuvre du genre. Le pire : le groupe n’était pour rien dans ce naufrage visuel – une idée de la maison de disques -, et pratiquement aucun amateur de rock n’eut envie de se procurer l’album, probablement pétrifié à l’idée d’être vu avec une telle œuvre sous le bras.

Peter Rabbitt - Roadstar

Peter Rabbitt – Roadstar

Qu’importe, le ver était dans le fruit, ou plutôt le diamant dans le sillon, et Steve, encouragé par l’incrédulité familiale, décide de se lancer dans la plus monstrueuse, et hilarante, des collections. Il le dit lui-même, le but est avant tout de faire rire, et ce, que l’on soit amateur de musique ou pas. Rien ne le satisfait plus que lorsque les visiteurs s’esclaffent, incrédules, et découvrent un nouveau pan de la pop culture et de l’histoire musicale, aussi décalé soit-il.

Sont en effet rassemblées là de véritables pépites, que dis-je, des chefs-d’œuvre, fruits d’un génie humain sans limite et garanti sans IA, la plupart des albums datant d’avant les années 1990. Photo-montages ratés, titres ou noms d’artistes complètement fumeux, physiques « de rêve » et détails arrivant comme des cheveux sur la soupe : rien ne vous sera épargné. Pour ma part, je ne me suis toujours pas remise de « Disco do Fofão », probablement un disque pour enfant brésilien, mais mieux vaut ne pas le savoir, c’est presque aussi traumatisant que le Christ défiguré de Borja en 2012.

Disco Do Fofão 2 - Fofão

Disco Do Fofão 2 – Fofão

Enfin, au Mansfield Museum, il sera également possible, en parallèle de l’exposition, de se prendre en photo, d’inscrire ses enfants à des activités (réaliser un immonde visuel d’album pour l’offrir à papa et maman ?) et de voter, entre autre, pour la pire pochette. Il y a fort à parier que les débats, encouragés, par Steve Goldman, feront rage, car, après tout, qu’est-ce que le laid ?

A noter également, les visiteurs pourront s’y procurer The Art Of The Bizarre Vinyl Sleeve, ouvrage de référence et « presque » catalogue de l’exposition. Veinards, va !

The Art Of The Bizarre Vinyl Sleeve

The Art Of The Bizarre Vinyl Sleeve

The Mansfield Museum, The Worst Record Covers In The World, du 6 juin au 29 août 2026
Leemin Street, Mansfield, Nottinghamshire,

Se loger, et en profiter pour visiter la forêt de Sherwood :

– The Dukeries Lodge  à Edwinstowe, à une dizaine de minutes en voiture de Mansfield, un hôtel pub-restaurant à la superbe façade avec toutes les commodités.

– Cosy Cottage, Log Fire & Garden, une maisonnette de vacances à louer en plein cœur de Mansfield pour se la jouer « So British ».

 

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