My New Band Believe à la Maroquinerie : Post Tenebras Lux

Imaginez que vous ayez eu la chance d’assister aux débuts des Beatles au Cavern Club, à ceux de Bob Dylan, et à ceux d’Os Mutantes au festival de Musica Popular Brasileira en 1967. Vous auriez alors probablement ressenti à peu près la même chose que le public venu en masse assister au concert de My New Band Believe à la Maroquinerie le 19 octobre 2026.

Sortie des cendres encore chaudes de la claque Black Midi, la formation acoustique de Cameron Picton, ici guitariste et vocaliste, se présente ce soir-là sous la forme d’un quatuor : batterie, contrebasse et deux guitares, dont celle de Picton. Moins d’instruments que sur l’album donc, pourtant capables de restituer toute la complexité et la richesse harmonique de compositions enivrantes et syncopées, toujours à la limite du chaos organisé, entre folk, tropicália et free jazz.

Les musiciens sont jeunes, très jeunes, tout comme une partie de l’assistance, plutôt mixte, et leur dextérité dénuée d’affectation suscite très vite une ferveur – presque de la dévotion pour certains qui chantent les paroles et se regardent avec joie et incrédulité -, que l’on voit rarement lors de concerts aussi pointus.

La voix de Cameron Picton est l’une des belles surprises de ce concert exceptionnel. Moins tenue que sur leur album éponyme, elle joue avec les octaves, déraille presque et se contient pour mieux exploser par moment, soutenue par un picking que n’auraient pas renié Bert Jansch et John Renbourn, avec ou sans Pentangle. Picton aime le folk britannique de la fin des années 60 et ça se sent. Il dira même pendant le set, avec un humour tout britannique et en français : « nous sommes Malicorne ». Comprenne qui pourra*. Formé à la prestigieuse BRIT School, où il rencontrera d’ailleurs ses acolytes de Black Midi, formation fulgurante et expérimentale s’il en est, l’homme connaît ses classiques et sait s’en inspirer avec intelligence, sans jamais plagier.

Art du collage, énergie brute et compositions aussi complexes qu’évidentes, le public de la Maroquinerie hurle à ce point son enthousiasme qu’on en aurait presque les larmes aux yeux. Cameron Picton clôt le set seul à la guitare et dédie le morceau à un ami disparu ; l’émotion est palpable. Une heure vingt de concert, c’est plus que ce que l’on pouvait espérer mais cela n’est jamais assez pour se remémorer l’essentiel : la jeunesse engendrera toujours le génie et l’émerveillement collectif dissipe les ténèbres.

My New Band Believe – Album paru chez Rough Trade Records le 10.04.2026

* Malicorne est un groupe de folk français formé en 1973 par Gabriel et Marie Yacoub, Hughes de Courson et Laurent Vercambre. Ouvertement inspiré par le répertoire traditionnel qu’il embellit parfois d’instruments et d’arrangements plus contemporains, Malicorne, bien que peu relayé par les médias, a durablement marqué le paysage musical hexagonal.

Добавить комментарий

Ваш адрес email не будет опубликован. Обязательные поля помечены *

Этот сайт использует Akismet для борьбы со спамом. Узнайте, как обрабатываются ваши данные комментариев.