{"id":6403,"date":"2013-11-22T14:25:30","date_gmt":"2013-11-22T13:25:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/?p=6403"},"modified":"2025-02-19T14:51:19","modified_gmt":"2025-02-19T13:51:19","slug":"le-whisky-passe-a-table","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/ru\/le-whisky-passe-a-table\/","title":{"rendered":"Le whisky passe \u00e0 table"},"content":{"rendered":"<p>Quand on d\u00e9guste un single malt avec un Ecossais, on ne moufte pas. Surtout si cet Ecossais est taill\u00e9 comme un deuxi\u00e8me ligne de rugby et qu\u2019il est l\u2019envoy\u00e9 sp\u00e9cial de la distillerie Bowmore en France avec pour mission \u00ab\u00a0d\u2019\u00e9duquer\u00a0\u00bb le palais des buveurs de rouge. Bouteilles de 12, 15 et 18 ans d\u2019\u00e2ge \u00e0 la main (une prouesse possible pour ce colosse de l\u2019\u00eele d\u2019Islay), Gordon Dundas nous fait d\u00e9couvrir les subtilit\u00e9s du single malt et, surtout, ses accords surprenants. Je me colle au bar, en prenant l\u2019air qui sied au lieu, au moment et \u00e0 l\u2019ambiance : celui d\u2019un pilier. Touch, crouch, engage\u00a0!<\/p>\n<p><b><a href=\"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/wp-content\/uploads\/islay.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-6406\" src=\"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/wp-content\/uploads\/islay.jpg\" alt=\"L\u2019\u00eele d\u2019Islay\" width=\"270\" height=\"90\" srcset=\"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/wp-content\/uploads\/islay.jpg 750w, https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/wp-content\/uploads\/islay-399x133.jpg 399w, https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/wp-content\/uploads\/islay-570x190.jpg 570w\" sizes=\"(max-width: 270px) 100vw, 270px\" \/><\/a><\/b><b>Islay, une \u00eele en bouteilles<\/b><br \/>\nUn single malt, c\u2019est d\u2019abord un terroir. Et celui que Gordon Dundas repr\u00e9sente, c\u2019est <b>l\u2019\u00eele d\u2019Islay,<\/b> un petit bout de terre du sud ouest de l\u2019Ecosse o\u00f9 il ne \u00ab\u00a0pousse\u00a0\u00bb que deux choses\u00a0: des vaches et des whiskys. <b>Huit distilleries<\/b> y sont implant\u00e9es sur les quelques 600 kilom\u00e8tres carr\u00e9s de l\u2019\u00eele. Un record de densit\u00e9\u00a0! Et un record, aussi, de notori\u00e9t\u00e9\u00a0: Ardbeg, Laphroaig, Lagavulin, Caol Ila\u2026 Que des grands noms, que des grands caract\u00e8res. Les whiskys d\u2019Islay se distinguent par leur tr\u00e8s fort ar\u00f4me de <b>tourbe<\/b>, leur fum\u00e9 et des <b>notes iod\u00e9es<\/b> tr\u00e8s pr\u00e9sentes. Des whiskys typ\u00e9s dont les plus tourb\u00e9s (Burnahabhain , Kilchoman\u2026) peuvent titiller les narines et les papilles des non-initi\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 les choquer. Gordon Dundas n\u2019a pas envie de choquer. Au contraire. La d\u00e9gustation qu\u2019il orchestre suit une partition <b>\u00ab\u00a0accord mets whisky\u00a0\u00bb<\/b> \u00e9tonnante, dont le double objectif est de r\u00e9v\u00e9ler les nuances, parfois complexes, des diff\u00e9rents whiskys , et de montrer aux Fran\u00e7ais qu\u2019un single malt peut divinement accompagner des plats.<\/p>\n<p><b><a href=\"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/wp-content\/uploads\/whisky-bowmore2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-6408\" style=\"margin-left: 10px;\" src=\"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/wp-content\/uploads\/whisky-bowmore2.jpg\" alt=\"Whisky Bowmore\" width=\"134\" height=\"202\" srcset=\"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/wp-content\/uploads\/whisky-bowmore2.jpg 400w, https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/wp-content\/uploads\/whisky-bowmore2-399x598.jpg 399w, https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/wp-content\/uploads\/whisky-bowmore2-200x300.jpg 200w\" sizes=\"(max-width: 134px) 100vw, 134px\" \/><\/a><\/b><b>Exit les cacahu\u00e8tes et le whisky d\u2019ap\u00e9ro, place aux hu\u00eetres et au malt gourmand.<\/b><br \/>\nLe premier set de ce match \u00e0 plus de 40\u00b0 d\u2019alcool se joue autour des produits de la mer et d\u2019un Bowmore 12 ans d\u2019\u00e2ge. La distillerie <b>Bowmore <\/b>est l\u2019une des plus anciennes d\u2019Ecosse et porte le nom de la \u00ab\u00a0capitale\u00a0\u00bb de l\u2019\u00eele d\u2019Islay. Depuis plus de 300 ans, elle produit des malts tr\u00e8s marins, fortement iod\u00e9s et, pour le <b>12 ans d\u2019\u00e2ge<\/b> en particulier, moins tourb\u00e9s que les autres Islay. Sur la feuille de match on peut lire\u00a0\u00e0 propos de la bouteille : \u00ab\u00a0Notes subtiles de citron et de miel, ar\u00f4me fum\u00e9, palais chaud avec un soup\u00e7on de tourbe fum\u00e9e\u00a0\u00bb. Soit. Mais Gordon insiste sur le c\u00f4t\u00e9 marin de son nectar qui se r\u00e9v\u00e8le en associant une <b>hu\u00eetre fra\u00eeche<\/b> au verre de whisky. Effectivement, l\u2019accord met en valeur non seulement, la saveur de l\u2019hu\u00eetre, mais adoucit le whisky et rehausse ses notes iod\u00e9es et d\u2019agrumes. Gordon a marqu\u00e9 ses premiers points sans vraiment me plaquer au sol. J\u2019imagine quand m\u00eame assez bien du <b>saumon fum\u00e9<\/b> accompagn\u00e9 d\u2019un Caol Ila 12 ans ou, quitter l\u2019\u00eele d\u2019Islay pour aller chercher un Talisker ou un Oban (aux notes tr\u00e8s marines) et l\u2019associer \u00e0 des <b>langoustines<\/b>, \u00e0 des Saint-Jacques\u2026<\/p>\n<p><b><a href=\"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/wp-content\/uploads\/whisky-cask-and-vaults.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-6409\" src=\"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/wp-content\/uploads\/whisky-cask-and-vaults.jpg\" alt=\"Whisky Bowmore\" width=\"180\" height=\"120\" srcset=\"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/wp-content\/uploads\/whisky-cask-and-vaults.jpg 500w, https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/wp-content\/uploads\/whisky-cask-and-vaults-399x265.jpg 399w, https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/wp-content\/uploads\/whisky-cask-and-vaults-450x300.jpg 450w\" sizes=\"(max-width: 180px) 100vw, 180px\" \/><\/a>Une deuxi\u00e8me mi-temps \u00e0 terre<\/b><br \/>\nLe choix de la c\u00e9r\u00e9ale, de son maltage, de son s\u00e9chage et de la distillation participent \u00e0 l\u2019\u00e9laboration des ar\u00f4mes d\u2019un whisky. Mais en partie seulement. Le choix des f\u00fbts pour la <b>maturation<\/b> (tonneaux ayant contenu du bourbon am\u00e9ricain ou du vin europ\u00e9een\u2026), la dur\u00e9e de ce vieillissement et les assemblages affinent la couleur et donnent le caract\u00e8re. Le <b>18 ans<\/b> que d\u00e9gaine Gordon a pass\u00e9 sa vie dans des <b>f\u00fbts de bourbons et de sherry<\/b>. Il en a capt\u00e9 une jolie couleur ambr\u00e9e et des saveurs de sherry tr\u00e8s agr\u00e9ables. Gordon le propose pour accompagner une <b>viande rouge<\/b>, histoire de passer au plat de r\u00e9sistance. L\u00e0, l\u2019accord est moins \u00e9vident. L\u2019union n\u2019aboutit pas \u00e0 la m\u00eame harmonie que celle obtenue avec l\u2019hu\u00eetre. Gordon n\u2019a pas transform\u00e9 l\u2019essai et, logiquement, je ne lui accorde aucun point quand il me sert un nouveau verre de 18 ans (que je bois seul\u00a0!).<\/p>\n<p><b>Le sucr\u00e9 rafle la mise<\/b><br \/>\nLa diff\u00e9rence entre le 15 ans et le 18 ans est tr\u00e8s t\u00e9nue pour le non sp\u00e9cialiste. La couleur est un peu plus soutenue, les saveurs de fum\u00e9s et de sherry sont toujours bien pr\u00e9sentes. Et le <b>chocolat noir<\/b> servi au c\u00f4t\u00e9 de ce <b>15 ans<\/b> fait merveille. Deux forces s\u2019opposent\u00a0et se compl\u00e8tent : le cacao puissant contre le whisky fum\u00e9 et fruit\u00e9. L\u2019\u00e9quilibre est atteint, la \u00ab\u00a0m\u00eal\u00e9e est stable\u00a0\u00bb. Associer du chocolat \u00e0 de l\u2019alcool n\u2019a rien de r\u00e9volutionnaire. Mais l\u2019accord entre le whisky d\u2019Islay et le carr\u00e9 \u00e0 90% de cacao en impose. Sur l\u2019\u00eele d\u2019Islay, il existe m\u00eame une sp\u00e9cialit\u00e9 de <b>mousse au chocolat au whisky tourb\u00e9<\/b>, aromatis\u00e9e notamment avec un Lagavulin 16 ans d\u2019\u00e2ge ou un Bowmore 15 ans. Et certains arrosent leur glace \u00e0 la vanille d\u2019un soup\u00e7on de single malt\u2026 Les desserts, pourvus qu\u2019ils ne soient pas trop sucr\u00e9s, s\u2019accordent bien avec les whiskys et les bourbons.<\/p>\n<p>Fier de son dernier coup d\u2019\u00e9clat, Gordon regagne le vestiaire avec le sourire du vainqueur et, je pense, le sentiment d\u2019avoir bien port\u00e9 la parole d\u2019Islay. Bon joueur, je le laisse me servir un dernier verre de 18 ans, pour l\u2019honneur.<\/p>\n<div style=\"margin-top: 0px; margin-bottom: 0px;\" class=\"sharethis-inline-share-buttons\" ><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand on d\u00e9guste un single malt avec un Ecossais, on ne moufte pas. 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