{"id":17874,"date":"2023-08-29T12:16:59","date_gmt":"2023-08-29T11:16:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/?p=17874"},"modified":"2025-12-30T08:21:57","modified_gmt":"2025-12-30T07:21:57","slug":"emitt-rhodes-the-one-man-beatles-le-grenier-dhdo-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/ru\/emitt-rhodes-the-one-man-beatles-le-grenier-dhdo-3\/","title":{"rendered":"Emitt Rhodes\u00a0: the One Man Beatles | Le grenier d\u2019HdO #3"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0<em>All the lonely people \/ Where do they all come from? \/ All the lonely people <\/em><em>\/ Where do they all belong?\u00a0\u00bb<\/em>* questionnait Paul McCartney dans <em>Eleanor Rigby<\/em>. Jamais question n\u2019a sembl\u00e9 mieux correspondre au curieux destin d\u2019<strong>Emitt Rhodes<\/strong>, <strong>auteur-compositeur-interpr\u00e8te am\u00e9ricain<\/strong> surdou\u00e9 dont la carri\u00e8re prometteuse s\u2019\u00e9vapora dans les volutes du d\u00e9but des seventies. Pourtant, certains se souviennent peut-\u00eatre de <strong>The Merry-Go-Round<\/strong>, l\u2019un de ces bons petits groupes de psychedelic pop comme il en fleurissait alors un peu partout sur les trottoirs de Los Angeles.<\/p>\n<p>Cr\u00e9\u00e9 en 1966, com\u00e8te \u00e9ph\u00e9m\u00e8re et m\u00e9lodique, The Merry-Go-Round capte l\u2019air du temps, fortement influenc\u00e9 par ce qui se passait alors outre-Atlantique. Port\u00e9 par les compositions inspir\u00e9es de leur tout jeune chanteur, Emitt Rhodes, car c\u2019est bien lui, 16 ans au compteur. Le groupe signe avec A&amp;M Records et se classe m\u00eame au Top 100 avec l\u2019ultra Beatlesien <em>Live<\/em>. Las\u00a0! Le boomer, d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u00e9poque, est ingrat, et leur second single, le somptueux <em>You\u2019re A Very Lovely Woman<\/em>, ne renouvelle pas l\u2019exploit. Il n\u2019en faudra pas plus pour que l\u2019aventure s\u2019arr\u00eate l\u00e0, pour le groupe en tout cas.<\/p>\n<blockquote><p><strong><em>Now I&#8217;m standing with back to the wall<\/em><\/strong><br \/>\n<strong>Waiting, praying the ceiling don&#8217;t fall\u00a0<\/strong><br \/>\n(With My Face On The Floor &#8212; 1970)<\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align: center;\"><div class=\"su-youtube su-u-responsive-media-yes\"><iframe loading=\"lazy\" width=\"700\" height=\"440\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/0qoBh5WWT6o?\" frameborder=\"0\" allowfullscreen allow=\"autoplay; encrypted-media; picture-in-picture\" title=\"\"><\/iframe><\/div>\n<p>Compositeur et multi-instrumentiste g\u00e9nial, capable d\u2019imiter aussi bien la voix de Paul McCartney que celle de John Lennon, accessoirement jeune et s\u00e9duisant, Emitt Rhodes se voit proposer un contrat prometteur par ABC\/Dunhill Records avec plusieurs albums \u00e0 la clef. Un v\u00e9ritable conte de f\u00e9es ? Que nenni. Sur les belles galettes de vinyle noir d\u2019Emitt, point de pommes, ou alors empoisonn\u00e9es.<\/p>\n<p>Son premier album, \u00e9ponyme, est pourtant un succ\u00e8s. Et sur des titres comme <em>Somebody Made For Me, Promises I\u2019ve Made<\/em> ou <em>Long Time No See<\/em>, on doit se pincer pour y croire tant l\u2019on croit entendre l\u2019une de ces m\u00e9lodies, tour \u00e0 tour enjou\u00e9es ou m\u00e9lancoliques, mais toujours \u00e9l\u00e9gantes, qui firent le succ\u00e8s des Fab Four. On est pourtant loin du plagiat, Rhodes a trop de talent pour cela. L\u2019ensemble, coh\u00e9rent, est superbement produit et arrang\u00e9, et la voix, d\u00e9doubl\u00e9e en ch\u0153urs frissonnants, laissait m\u00eame esp\u00e9rer une collaboration avec ses glorieux a\u00een\u00e9s.<\/p>\n<p>Coup de th\u00e9\u00e2tre\u00a0: la maison de disques, par l\u2019odeur du succ\u00e8s all\u00e9ch\u00e9, d\u00e9cide de sortir, obligation contractuelle en sus, <em>American Dream<\/em>, sorte de compilation, ou d\u2019anthologie, des \u00ab\u00a0meilleures\u00a0\u00bb compositions d\u2019Emitt Rhodes entre 1967, date officielle de la dissolution de The Merry-Go-Round, et 1969. R\u00e9trospectivement, l\u2019ensemble, d\u2019o\u00f9 \u00e9mergent quelques p\u00e9pites comme <em>Come Ride Come Ride <\/em>ou<em> The Man He Was<\/em>, entre autres, enchante. A l\u2019\u00e9poque, il ne fit que pr\u00eater \u00e0 confusion.<\/p>\n<blockquote><p><strong><em>Passing dreams too quickly fade<\/em><\/strong><strong><em><br \/>\nAll are lost when we awake\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><br \/>\n(Farewell to Paradise &#8212; 1973)<\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align: center;\"><div class=\"su-youtube su-u-responsive-media-yes\"><iframe loading=\"lazy\" width=\"700\" height=\"440\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/QLAFRMCFMWw?\" frameborder=\"0\" allowfullscreen allow=\"autoplay; encrypted-media; picture-in-picture\" title=\"\"><\/iframe><\/div>\n<p>Rhodes, perfectionniste, continue de travailler d\u2019arrache-pied, enregistrant et travaillant seul instruments et voix jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il soit satisfait du r\u00e9sultat. D\u00e8s <em>Mirror,<\/em> son 3\u00e8me (ou 2\u00e8me, on ne sait plus) album studio, insensiblement, son songwriting \u00e9volue. La ga\u00eet\u00e9 de la jeunesse semble l\u2019avoir quitt\u00e9 et paradoxalement, ce pionnier du home studio s\u2019\u00e9carte peu \u00e0 peu de ses mod\u00e8les affich\u00e9s. Mais l\u00e0 o\u00f9 Harry Nilsson, lui-aussi souvent compar\u00e9 aux Beatles**, r\u00e9ussira \u00e0 imposer son style d\u00e9licat, Rhodes, peut-\u00eatre trop fragile, ou trop r\u00eaveur, perd peu \u00e0 peu pied.<\/p>\n<p>Et comment en serait-il autrement\u00a0? Son label, auquel il s\u2019\u00e9tait engag\u00e9 \u00e0 livrer un nouvel album tous les six mois (!!), lui r\u00e9clame 50 000 dollars de dommages et int\u00e9r\u00eats. Le cynisme de la d\u00e9marche laisse pantois mais le r\u00e9sultat est l\u00e0. A 21 ans, ruin\u00e9 et quitt\u00e9 par sa femme qui emporte ses enfants sous le bras, Emitt Rhodes est un homme bris\u00e9\u00a0; le titre de son dernier album de l\u2019\u00e9poque, <em>Farewell To Paradise<\/em>, sonne d\u00e9sormais comme une pr\u00e9monition.<\/p>\n<p>Emitt Rhodes continue \u00e0 \u00e9crire, \u00e0 enregistrer, mais il est comme t\u00e9tanis\u00e9 \u2013 aujourd\u2019hui, on parlerait de choc post-traumatique -, et ne bouge presque plus de chez lui et de la rue qui l\u2019a vu na\u00eetre. Le man\u00e8ge ralentit, les murs se rapprochent, oscillent encore un peu, puis le temps se fige, engluant lentement son sens de l\u2019humour un peu triste et sa lucidit\u00e9 toujours intacte. Peu \u00e0 peu, bien que travaillant encore, il s\u2019oublie.<\/p>\n<blockquote><p><strong><em>\u00ab\u00a0Some came to cry and some came to laugh the day he passed away<\/em><\/strong><strong><em><br \/>\nHe&#8217;s really not dead, he&#8217;s just taking a nap, I heard somebody say\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><br \/>\n(The Man He Was &#8212; 1970)<\/p><\/blockquote>\n<p>L\u2019histoire aurait pu s\u2019arr\u00eater l\u00e0 si le r\u00e9alisateur Wes Anderson n\u2019avait employ\u00e9 sa chanson <em>Lullabye<\/em> dans \u00ab\u00a0La Famille Tenenbaum\u00a0\u00bb (2001) et si quelques fans n\u2019avaient eu cesse de partir \u00e0 sa recherche. Le reste de l\u2019histoire, c\u2019est Cossimo Messeri qui le raconte le mieux dans son film de 2009, <a href=\"https:\/\/youtu.be\/m3KRJLPn0zA?si=dNBtLBIDrGHqeCFv\">\u00ab\u00a0The One <\/a><a href=\"https:\/\/youtu.be\/m3KRJLPn0zA?si=dNBtLBIDrGHqeCFv\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Man Beatles\u00a0\u00bb<\/a> pressenti alors pour le prix David Di Donatello du meilleur documentaire.<\/p>\n<p>En 2016, Emitt Rhodes sort son ultime et unique opus depuis 1973, le cr\u00e9pusculaire et habit\u00e9 <em>Rainbow Ends<\/em>, unanimement salu\u00e9 par l\u2019ensemble de la critique anglo-saxonne. De cet album, je ne dirais rien ou presque, sinon qu\u2019il ressemble au visage d\u2019Emitt sur la pochette, les yeux clos, souriant comme pour mieux cacher ses larmes.<\/p>\n<p>Il d\u00e9c\u00e9dera dans son sommeil le 20 juillet 2020, entour\u00e9 de ses proches et d\u00e9sormais reconnu\u00a0: \u00ab\u00a0Somewhere, over the rainbow\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>The Emitt Rhodes Recordings \u2013 1969 &#8212; 1973<\/strong><br \/>\n<strong>Coffret 2 Cds &#8212; Avril 2023<\/strong><\/p>\n<p style=\"font-size: small;\">*Pour une traduction litt\u00e9rale, et forc\u00e9ment r\u00e9ductrice, du beau texte de Paul McCartney, demandez donc \u00e0 une IA, non, je plaisante&#8230;<br \/>\n** Fin connaisseur et admirateur du groupe, Harry Nilsson deviendra ami et compagnon de studio de John Lennon qui produira son album <em>Pussy Cats<\/em> (1974)<\/p>\n<div style=\"margin-top: 0px; margin-bottom: 0px;\" class=\"sharethis-inline-share-buttons\" ><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0All the lonely people \/ Where do they all come from? \/ All the lonely people \/ Where do they<\/p>\n","protected":false},"author":16,"featured_media":17875,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[3662,9],"tags":[4281,4282,1730,367,3663,3664,4279,4280,235],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"3.0.2","language":"ru","enabled_languages":["fr","ru"],"languages":{"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":false},"ru":{"title":false,"content":false,"excerpt":false}}},"acf":[],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17874"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17874"}],"version-history":[{"count":14,"href":"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17874\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19545,"href":"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17874\/revisions\/19545"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17875"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17874"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17874"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17874"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}