{"id":15099,"date":"2019-08-02T13:00:01","date_gmt":"2019-08-02T12:00:01","guid":{"rendered":"http:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/?p=15099"},"modified":"2025-02-19T11:41:15","modified_gmt":"2025-02-19T10:41:15","slug":"sur-chenin-vacances-vouvray","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/ru\/sur-chenin-vacances-vouvray\/","title":{"rendered":"Sur le chenin des vacances&#8230;"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>Toujours en veine de d\u00e9ambulations po\u00e9tiques et gastronomiques, cette fois l&#8217;intr\u00e9pide H\u00e9l\u00e8ne a pris des risques\u00a0: destination Saint-Pierre-des-Corps pour d\u00e9couvrir, au fil de l\u2019eau et au c\u0153ur du troglo, le terroir des vins de Vouvray\u00a0!<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Sous le pont Mirabeau coule la\u2026 Loire, en un filet d\u2019eau. La s\u00e9cheresse n\u2019a pas attendu le nouvel \u00e9pisode de canicule pour changer le fleuve en un banc de sable que nous pourrions sans peine traverser \u00e0 pied. Les <strong>gabares<\/strong>, gr\u00e2ce \u00e0 leur fond tr\u00e8s plat, peuvent cependant encore naviguer. Nous embarquons donc \u00e0 Rochecorbon, avec vignerons et sommelier, \u00e0 bord de <strong><em>La Rabouilleuse<\/em><\/strong> et de <em>Sybille<\/em>, pour une d\u00e9gustation de <strong>vins de Vouvray <\/strong>avec vue sur les coteaux. <em>In vino veritas<\/em>. Pourtant, nos deux capitaines, anneau \u00e0 l\u2019oreille, n\u2019ont pas besoin des charmes de la bouteille* pour se r\u00e9v\u00e9ler sous leur meilleur jour\u00a0: bruns t\u00e9n\u00e9breux, silhouettes de Corto Maltese\u00a0!<\/p>\n<figure id=\"post-15116 media-15116\" class=\"align-center\">\n<div style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"Bord de Loire \u00a9 H\u00e9l\u00e8ne Baratte\" src=\"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/wp-content\/uploads\/bords-de-loire-vouvray-helene-baratte-1.jpg\" alt=\"Bord de Loire \u00a9 H\u00e9l\u00e8ne Baratte\" width=\"700\" height=\"454\" \/><p class=\"wp-caption-text\">Bord de Loire \u00a9 H\u00e9l\u00e8ne Baratte<\/p><\/div><\/figure>\n<h2>De Corto en c\u00f4teaux<\/h2>\n<p>Sur son bateau au nom balzacien, <strong>Cl\u00e9ment Sirgue <\/strong>nous d\u00e9signe les traces du passage d\u2019un castor alors que le mill\u00e9sime 2014 s\u2019ouvre et se verse. Dans nos verres, le terroir &#8212; argilo-limoneux, de silice, de silex ou de tuffeau jaune &#8212; d\u00e9veloppe ses ar\u00f4mes multiples. Un, deux, trois, quatre, cinq, six\u2026 Les domaines se succ\u00e8dent jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9vidence\u00a0: les <strong>vins de l\u2019appellation Vouvray,<\/strong> bien qu\u2019<strong>is<\/strong><strong>sus d\u2019un seul c\u00e9page, le <\/strong>Chenin Blanc, ont des caract\u00e8res bien diff\u00e9rents\u00a0! Tout en cherchant \u00e0 distinguer une <em>\u00ab\u00a0finale en p\u00e2te d\u2019amande\u00a0\u00bb<\/em>, je m\u2019interroge sur la suite de la matin\u00e9e\u00a0: sous nos chapeaux de paille et d\u00e9j\u00e0 presque 30 degr\u00e9s, <strong>comment allons-nous survivre \u00e0 la \u00ab\u00a0tourn\u00e9e\u00a0\u00bb<\/strong>\u00a0? Nous sommes certes servis avec mesure mais j\u2019y trempe plus que mes l\u00e8vres. Recracher\u00a0? Non. Je laisse cela aux \u0153nologues de formation et experts du vin qui m\u2019entourent. <em>\u00ab\u00a0<strong>Le castor plonge \u00e0 terre<\/strong> pour chercher les branches de sa hutte puis, g\u00ean\u00e9 au sol par ses pieds palm\u00e9s, <strong>retourne vite \u00e0 l\u2019eau<\/strong>\u00a0\u00bb<\/em>, reprend notre marin<em>. <\/em>Le rongeur peut s\u2019av\u00e9rer un formidable conseiller\u00a0!<\/p>\n<figure id=\"post-15110 media-15110\" class=\"align-center\">\n<div style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"Vignes AOC Vouvray et clocher \u00e9glise Vouvray \u00a9 AOC VOUVRAY\" src=\"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/wp-content\/uploads\/vignes-aoc-vouvray.jpg\" alt=\"Vignes AOC Vouvray et clocher \u00e9glise Vouvray \u00a9 AOC VOUVRAY\" width=\"700\" height=\"421\" \/><p class=\"wp-caption-text\">Vignes AOC Vouvray et clocher \u00e9glise Vouvray \u00a9 AOC VOUVRAY<\/p><\/div><\/figure>\n<p>Apr\u00e8s le citrus et les agrumes, assez tranchants, je respire des fruits m\u00fbrs et confits, m\u00eal\u00e9s \u00e0 des notes mellif\u00e8res et r\u00e9sineuses. Mon premier coup de c\u0153ur est un vin tendre, le <a href=\"https:\/\/www.domaineduviking.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><strong>Domaine du Viking<\/strong><\/a>, de <strong>Lionel Gauthier.<\/strong> <strong>Thierry\u00a0N\u00e9risson<\/strong>, qui d\u00e9compose et analyse le bouquet, l\u2019associerait \u00e0 des \u00e9pices comme le curry.<\/p>\n<p>Un regard \u00e0 mon t\u00e9l\u00e9phone\u00a0: nous avons d\u00e9pass\u00e9 l\u2019heure de rendez-vous aux <strong>Hautes Roches<\/strong>, ce manoir qui nous fait face, accroch\u00e9 \u00e0 la falaise. Au m\u00eame moment, la tranquille d\u00e9rive de notre embarcation s\u2019interrompt. Le moteur en marche, nous filons. Le vent s\u2019engouffre dans ma blouse qui se gonfle comme une voile.<\/p>\n<h2>Gastronomique et\u2026 troglodyte\u00a0!<\/h2>\n<p>Nous changeons de point de vue\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.leshautesroches.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><strong>Les Hautes Roches<\/strong><\/a> surplombent magnifiquement la Loire. La fra\u00eecheur est rest\u00e9e attach\u00e9e \u00e0 l\u2019ombre des tilleuls, quand nous nous installons \u00e0 la table \u00e9toil\u00e9e de <strong>Didier Edon<\/strong> o\u00f9 une <strong>royale de foie gras et cr\u00e8me de petits pois<\/strong>, r\u00e9hauss\u00e9e du <strong>fum\u00e9 de l\u2019anguille<\/strong> et du <strong>fruit\u00e9 d\u00e9licat des<\/strong> <strong>girolles<\/strong>, accompagne le <strong>Domaine de Vincent Car\u00eame<\/strong> (<strong>Le Peu Morier<\/strong>) et le <strong>Domaine du Clos Naudin<\/strong>. Philippe Foreau nous proposait son moelleux 2009 avec une l\u00e9g\u00e8re appr\u00e9hension, craignant que ses parfums de poire et de coing se marient mal au vert de l\u2019assiette. Alors, avec un bouillon de volaille, le chef a contrecarr\u00e9 la note v\u00e9g\u00e9tale\u00a0!<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9vocation d\u2019une herbe aromatique cr\u00e9e aussi quelques inqui\u00e9tudes et grimaces. Heureusement pour les \u00ab\u00a0ha\u00efsseurs\u00a0\u00bb de <strong>coriandre<\/strong>, la <strong>graine<\/strong> a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e \u00e0 la feuille. Sa <strong>saveur anis\u00e9e<\/strong> rel\u00e8ve habillement le beurre noisett\u00e9 de la sauce et le gras du <strong>pied de cochon<\/strong>, associ\u00e9 \u00e0 celui de l\u2019<strong>anguille<\/strong>. Ce terre et mer est une merveille\u00a0! <strong>Carotte et langoustine r\u00f4ties<\/strong> sont d\u2019un incroyable fondant et le l\u00e9gume-racine, dont le farineux a gomm\u00e9 l\u2019acidit\u00e9 du vin, d\u00e9voile une jolie sucrosit\u00e9.<\/p>\n<figure id=\"post-15114 media-15114\" class=\"align-center\">\n<div style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"Les Hautes Roches \u00a9 H\u00e9l\u00e8ne Baratte\" src=\"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/wp-content\/uploads\/hautes-roches-didier-edon-b.jpg\" alt=\"Les Hautes Roches Restaurant \u00a9 H\u00e9l\u00e8ne Baratte\" width=\"700\" height=\"372\" \/><p class=\"wp-caption-text\">Les Hautes Roches \u00a9 H\u00e9l\u00e8ne Baratte<\/p><\/div><\/figure>\n<p>Le plat suivant, le \u00ab\u00a0<strong>pigeonneau de Racan, supr\u00eame sur la peau, cuisse farcie<\/strong>\u00a0\u00bb, divise, surtout avec l\u2019andouille, qui couronne l\u2019\u00e9peautre, ou la \u00ab\u00a0gavotte des B\u00e9atilles\u00a0\u00bb, galette farcie de boudin noir. Plus unanimement, les accords ne convainquent pas vraiment. Le demi-sec du <strong>Domaine Fran\u00e7ois Pinon<\/strong>, rescap\u00e9 du gel des vignes qui ne donna qu\u2019une seule cuv\u00e9e, le 2016, est <strong>tout ce que j\u2019aime<\/strong> mais, par cette chaleur \u00e9touffante, et avec la r\u00e9duction brune et sucr\u00e9e, nous r\u00eavons injustement de plus de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 au palais. Bienvenus, le <strong>sorbet pi\u00f1a colada<\/strong> et la tranche d\u2019<strong>ananas<\/strong> surmont\u00e9e d\u2019un <strong>sabl\u00e9 mangue-passion et vanille<\/strong> exaucent parfaitement nos v\u0153ux.<\/p>\n<p>Un caf\u00e9, un dernier coup \u0153il aux <strong>chambres troglodytes<\/strong> du luxueux h\u00f4tel-restaurant, en passant, et nous prenons la direction de la <strong>cave touristique d\u2019Alain Le Capitaine<\/strong>, pr\u00e9sident du Syndicat des Vignerons de l&#8217;Aire d&#8217;Appellation Vouvray.<\/p>\n<h2>Vouvray entre terre et ciel<\/h2>\n<p>Distribution de <strong>casques de sp\u00e9l\u00e9ologie<\/strong> et de <strong>polaires, sous 38\u00b0C<\/strong>\u2026 Il faut dire que, dans les entrailles de la roche, o\u00f9 reposent les bouteilles en sommeil, la temp\u00e9rature, alli\u00e9e \u00e0 une humidit\u00e9 constante, n\u2019exc\u00e8de jamais les 12-13\u00b0C. Dans ce myst\u00e9rieux labyrinthe, je m\u2019imagine Damien Pinon, l\u2019un de nos vignerons-chauffeurs, enfant. Selon l\u2019anecdote, il tourne \u00e0 travers le d\u00e9dale des carri\u00e8res, \u00e0 la recherche d\u2019un tr\u00e9sor, un chien \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, pr\u00e9cieuse boussole, pour retrouver invariablement la sortie. Dans la p\u00e9nombre, je vois aussi des yeux qui clignent, malgr\u00e9 la climatisation salvatrice des lieux, attir\u00e9s vers la sieste. Pour bien nous r\u00e9veiller, une petite <strong>d\u00e9gustation \u00e0 l\u2019aveugle<\/strong> a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e\u00a0! Les connaisseurs ne se trompent pas, reconnaissant la richesse des mill\u00e9simes 89 et 90.<\/p>\n<figure id=\"post-15109 media-15109\" class=\"align-center\">\n<div style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"Vue a\u00e9rienne de Vouvray \u00a9 G\u00e9rard Proust\" src=\"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/wp-content\/uploads\/vouvray-vue-aerienne-gerard-proust.jpg\" alt=\"Vue a\u00e9rienne de Vouvray \u00a9 G\u00e9rard Proust\" width=\"700\" height=\"417\" \/><p class=\"wp-caption-text\">Vue a\u00e9rienne de Vouvray \u00a9 G\u00e9rard Proust<\/p><\/div><\/figure>\n<p>Nous remontons vers le ciel azur o\u00f9 le soleil cogne toujours plus fort. <em>\u00ab\u00a0Honte \u00e0 qui n&#8217;admirait pas ma joyeuse, ma belle, ma brave Touraine dont les sept vall\u00e9es ruissellent d&#8217;eau et de vin\u00a0\u00bb<\/em>, \u00e9crivait Honor\u00e9 de Balzac, Tourangeau de naissance. Nous l\u2019admirons maintenant de la fen\u00eatre ouverte, parcourant les huit communes sur lesquelles s\u2019\u00e9tend le vignoble de Vouvray. Alors que tout jauni ailleurs, il est d\u2019un vert rassurant. Et voil\u00e0, apr\u00e8s quelques kilom\u00e8tres, un bleu envo\u00fbtant\u00a0: la piscine du <a href=\"http:\/\/www.bidaudieres.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Domaine des Bidaudi\u00e8res<\/a>\u00a0! \u00c0 d\u00e9faut de nous y baigner, nous plongeons dans des fines bulles et l\u2019effervescence des discours annonce l\u2019envol d\u2019une montgolfi\u00e8re aux couleurs du Vouvray.<\/p>\n<p>Et bient\u00f4t, les pistes cyclables ne seront plus en travaux, nous pourrons refaire notre itin\u00e9raire\u2026 \u00e0 v\u00e9lo, pour red\u00e9couvrir comme en r\u00eave, la Loire bien au-del\u00e0 de ses ch\u00e2teaux, Chambord ou Chenonceau.<\/p>\n<div style=\"margin-top: 0px; margin-bottom: 0px;\" class=\"sharethis-inline-share-buttons\" ><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Toujours en veine de d\u00e9ambulations po\u00e9tiques et gastronomiques, cette fois l&#8217;intr\u00e9pide H\u00e9l\u00e8ne a pris des risques\u00a0: destination Saint-Pierre-des-Corps pour d\u00e9couvrir,<\/p>\n","protected":false},"author":21,"featured_media":15106,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[16,8],"tags":[674,1603,3632,3634,3858,3859,3860,3861,1729,60,636],"translation":{"provider":"WPGlobus","version":"3.0.2","language":"ru","enabled_languages":["fr","ru"],"languages":{"fr":{"title":true,"content":true,"excerpt":false},"ru":{"title":false,"content":false,"excerpt":false}}},"acf":[],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15099"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/users\/21"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15099"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15099\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15104,"href":"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15099\/revisions\/15104"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15106"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15099"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15099"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.horsdoeuvre.fr\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15099"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}