Crack Cloud — Pain Olympics

Avec Crack Cloud, tout est histoire de poudre. Nuage de crack, cailloux perdus d’un batteur Petit Poucet, Angel Dust, poudre à vif, traînée de poudre : la poudre, il faut la faire parler, puis l’oublier, poussière et détritus, pour mieux y mettre le feu.

Voilà pourquoi, à la fin du premier morceau de Pain Olympics, Post Truth (Birth Of A Nation), j’ai failli m’arrêter, c’était trop bon, trop parfait : la crainte de la déception à venir sans doute. Peu convaincue en effet par la légèreté affichée de The Next Fix, le single sorti à la fin de l’année dernière, inquiète du phénomène de mode grandissant autour du collectif de Vancouver et pas loin d’assimiler la fascination produite par Zach Choy et ses acolytes à celle produite par un autre groupe de l’autre côté de… L’Atlantique ? Le Pacifique ? (Vite, une planisphère!), j’en étais presque devenue réticente.

Grave erreur, Pain Olympics est bel bien ce marathon rock tant espéré, de la balachadha (et de la bonne!) pour toutes les oreilles déjà accros à l’énergie foutraque de ce groupe polymorphe ouvert à tous les vents. Avec ses musiciens, danseurs, graphistes ou cinéastes conviés à l’envie, et au départ réuni par la lutte contre l’addiction, Crack Cloud s’impose en quelque sorte comme une Factory 3.0.

Une fois passé le choc du premier titre, pas de descente ou presque. Semblant partir dans tous les sens, passant d’une rythmique néo punk à une inventivité tous azimuts très « rock expérimental » – on pense parfois à Talking Heads, à Gang Of Four, si, si… — , pour se gorger ensuite d’une fougue très rap dopée par la saine agressivité de l’ÉNORME Favour Your Fortune, Pain Olympics sprinte et franchit aisément la ligne. Pardon, je n’ai pas pu m’empêcher…

Crack Cloud - Pain Olympics
Crack Cloud — Pain Olympics

Car contrairement aux apparences, ce premier album (au vrai sens du terme) est très construit – 8 titres en tout qui filent à tout allure -, et flirte parfois avec des arrangements pop complexes un rien White Album, pour mieux aller droit au but. C’est à dire tout droit, direction l’apocalypse, ou quelque chose du genre. En effet, distillant subtilement une angoisse très politique au beau milieu d’une euphorie musicale jubilatoire, Pain Olympics est déjà l’album, si ce n’est d’une génération, sinon d’une époque où avec un peu de chance la créativité l’emportera sur la confusion, et la solidarité sur la fatalité.

Sign o’The Times comme chantait l’autre…

Crack Cloud – Pain Olympics, sortie le 17.07.2020 chez Meat Machine

N.B : Crack Cloud devrait passer en concert au Petit Bain à Paris le 11 novembre 2020 à Paris, si Corona veut bien…

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