Une montagne de fromages ! #3

Episode 3 : Mont-Blanc et Mont d’Or

Réveil, mais je n’ai pas fermé l’œil. Premier geste ? Attraper la citrate de b… Le petit-déjeuner sera frugal : jus d’orange, chocolat chaud, pain au chocolat, pain brioché, beurre et confiture… Nous prenons un peu de forces, bâtons en mains, pour affronter les sommets !

Avec le téléphérique de Rochebrune, première remontée mécanique de France, nous prenons de l’altitude. Nous avons décidé de déjeuner à L’Alpette (1895 m !), face au Mont-Blanc !

Carte des itinéraires de randonnées à la main, nous descendons, remontons, empruntons un chemin de raquettes.

Malgré mes bâtons, je garde le pied mal assuré et me fait doubler par un élégant couple (très « Megévans » de vacances, dans l’apparence), pourtant davantage chaussé pour le papier glacé que pour les pentes enneigées. De même, bien que restant à ma hauteur, mon ami pourrait, malgré ses skis sur les épaules et ses chaussures inflexibles, largement me devancer…

Enfin du blanc de toute part ! C’est peut-être ce qui nous égare, à moins que ce ne soit notre émerveillement.

À quelques pas seulement, un chalet comme un refuge de montagne. C’est Le Forestier. Par bonheur, nous nous sommes trompés de route ! La vue panoramique et le charme authentique nous retiennent sur place.

La montagne, on M !

Ne dit-on pas que l’appétit vient en marchant ? Non ? Que la marche ouvre l’appétit, alors ? Eh bien il manque vraisemblablement encore quelques kilomètres à notre podomètre. Tant pis pour la bolognaise au cerf* et… les fromages savoyards. Nous nous installons dans les transats et commandons, face au soleil et au cœur des pistes, un thé glacé.

Selon les prévisions météo, le ciel se voile. C’est l’heure de nous séparer. L’un part vers les pistes rouges, l’autre vers les sentiers piétons, mais nos chemins se recroisent presque aussitôt devant le télésiège de l’Alpette !

Oui, le restaurant ne manque pas d’allure, et le panorama est splendide, mais nous ne regrettons pas notre arrêt quelques mètres plus bas.

Je longe les skieurs et coupe, parfois, leurs traces, prudemment, selon les consignes. Ralentir d’un côté. Accélérer de l’autre. Ici, l’évasion est totale ! J’ai le sentiment d’une liberté infinie à la dangereuse ivresse. Le vent glacé me rappelle cependant qu’il faudra faire le chemin inverse et que je ferais bien de ne pas trop m’éloigner.

Après notre journée sportive et… diététique, nous méritons un peu de réconfort. Parce que le temps s’est gâté, nous décidons de nous installer devant une cheminée. Nous la dénichons au M de Megève, avec un (deux !) Spritz St-Germain d’exception et un… fauteuil à bascule bien moumouteux ! Détente assurée !

fromage mont-d'or
«Ceci est un mont d’or»

Un « Saint-Amour » de fromage

Ensuite, nous nous mettons en quête, pour les plus valeureux (moi !), de… fromages ! Direction La Ferme Saint-Amour et la cuisine d’Eric Frechon !

L’ancienne fermette a été totalement « revampée ». À la fois restaurant et club, elle n’a rien à voir avec la ferme d’alpage de ce midi. Dans ma tenue d’ « après ski », je me demande bien ce que je fais parmi toutes ces magnifiques robes de soirée. C’est un peu Decathlon contre Fusalp… Peu importe ! Je profite de l’atmosphère festive, et surtout de l’enthousiasme pétillant de mon ami, complètement conquis par le concept. Ici, pas de scène. Seulement la vaste salle où circulent des chanteuses qui interprètent variété française comme hits du moment. Bien qu’absorbé, il parvient à se concentrer un peu sur la carte. Pour lui, ce sera tartare. Pour moi… Mont d’Or !

Il arrive, sanglé, conformément au cahier des charges de l’AOC, mais sans grenailles et comme soufflé. C’est la touche du chef, lequel enlève sa croûte plissée pour récupérer la crème ! Sur le fond d’épicéa, il dépose les pommes de terre (préalablement cuites, pelées et coupées en morceaux) puis les recouvre, au siphon, du Mont d’Or. Quelques minutes au four et la boîte est chaude ! C’est bon ! Plus sophistiqué, plus aéré mais moins boisé. Alors, pour pleinement respirer les essences de nos montagnes, je prends en dessert une glace au sapin, qui apaise feu intérieur (bien trop de calories à brûler !) et chaleur montant du « dancefloor ». Dehors, il s’est mis à pleuvoir comme vache… qui pis (c’est plus joli !). Demain, dernier jour avant notre retour à Paris, devrons-nous nous abriter des intempéries ?

Le Mont d’Or, un fromage si Doubs

Mont d’Or tout rond, fait de bon lait caillé jamais thermisé ni même pasteurisé, d’épicéa sanglé, tu arrives dans nos assiettes depuis le 13 ème siècle. Il faut attendre septembre pour te déguster et ce, jusqu’au joli mois de mai. Car pour faire éclore ton goût de crème boisée, il faut que les vaches, en été, se régalent d’herbe pâturée. Froid mais surtout chauffé, crémeux à souhait, avec un vin jaune, tu es parfait, pareil à une promenade en forêt.

La Ferme Saint-Amour
181 rue Saint-Françoise de Sales
74120 Megève

M de Megève
15 Route de Rochebrune
74120 Megève

*Au cours de mon week-end à la montagne, je n’ai pas pris de cours de ski mais… de zoologie ! Ainsi, « errare humanum est, perseverare diabolicum », j’ai appris que, contrairement au cerf ou au chevreuil, le chamois n’a pas de bois mais des cornes.

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