Patti Smith : humanité

Pour ceux qui n’avaient pas réussi à dégoter leur place pour son concert surprise aux Bouffes du Nord la veille, Patti Smith nous proposait une séance de rattrapage ce samedi 15 septembre 2012, à 22 heures. Direction donc le parc de la Courneuve pour la fête de l’Huma, parmi les drapeaux rouges, les cars de « camarades », les saucisses-merguez et le verre de pinard à 50 centimes d’euros !

« You are the humanity… » lance d’emblée Patti, tout sourire mais manifestement impressionnée devant la foule immense qui l’acclame. « Be free ! » ajoute-t-elle. Evidemment. On est à l’Huma après tout. À 65 ans, elle attire aussi bien les militants dégarnis du parti communiste que les bandes d’ados qui chantent Gloria (« G.L.O.R.I.A ! hey !! ») comme si leur vie en dépendait ! Patti a toujours gardé cette fureur punk qui électrise la jeunesse. Elle l’a d’ailleurs bien compris et s’adresse directement plusieurs fois à cette « new generation » qui reprend les refrains de ses standards avec une ferveur contagieuse : Dancing Barefoot, Because the Night, Ghost Dance, People Have the Power (incontournable à la fête de l’Huma !) ou encore Rock N Roll Nigger livré dans une version explosive et rageuse : « Jimmy Hendrix was a nigger, Jesus Christ and Grandma, too, Jackson Pollock was a nigger, nigger, nigger… Outside of society ! » scande en hurlant la foule le poing levé !

Sous la violence rock, la douceur. Patti, toujours fidèle à elle-même, sait moduler sa voix intense sur des chansons plus introspectives et poétiques. Plus émouvantes aussi, comme dans l’hommage rendu à l’actrice Maria Schneider, tiré de son dernier disque BANGA (en référence au chien de Ponce Pilate dans Le Maître et Marguerite de Boulgakov, modèle de loyauté envers son maître). Elle offre d’ailleurs une magistrale et impressionnante version du titre éponyme de l’album sur des riffs étirés de son musicien de toujours Lenny Kaye, hurlant à mort comme un chien… Car oui, la sauvagerie animale n’est jamais très loin avec Patti. Arrivée sur scène sagement, comme une écolière intimidée, nattes d’indienne et bonnet sur la tête, elle se défait au fur et à mesure de sa carapace et finit échevelée, criant, crachant, cassant plusieurs cordes de sa guitare. Rebelle, inapprivoisée… au bout d’une heure trente de concert, tout de même. La nuit tombée depuis bien longtemps sur le parc « belongs to lovers »…

Un avis pour “Patti Smith : humanité

  • 04/10/2012

    Le verre de pinard à 50 ctms d’euro !!!! je regrette vraiment de ne pas y etre allée !!!

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