4 One Man Bands

Oubliez Rémy Bricka (mon dieu…), le One Man Band des années 2010 ne voit pas souvent la vie en couleur, au contraire, il a le blues. Plus proches d’R.L Burnside que des adeptes des kermesses locales, ces hommes-là, à l’instar de Thomas Schoeffler ou de Chicken Diamond, s’inspirent ouvertement de leurs aînés d’outre-Atlantique, bluesmen démolisseurs de plancher, guitaristes possédés et autres harmonicistes du malin. Et en plus, ils assurent sur scène…

Petit Vodo, petit mais costaud

Probablement l’un des premiers à avoir déringuardisé le genre dans notre beau pays, Petit Vodo est un peu le grand petit frère du genre. Voix éraillé et groove profond, le Bordelais continue à tracer discrètement la route depuis son premier album, Monom#. Plus punk et plus lo-fi que la plupart de ses contemporains, Petit Vodo revisite le blues en solitaire et ne s’interdit aucune expérience, tel son side project The Heartland Of James Pete James. Son dernier album en date, I Like It Like That, est un hommage aux dieux du blues, Slim Harpo, Hound Dog, Son House, Leadbelly ou Muddy Waters. Le pire, c’est que ça sonne comme du Petit Vodo, si ça ce n’est pas un compliment !

Petit Vodo – I Like It Like That – Le 8 mai 2018 chez Differ-Ant
Pour en savoir plus : http://vodo.free.fr

Bror Gunnar Jansson, l’homme des glaces

Avec son visage taillé à la serpe et sa gueule de cinéma, le suédois est devenu en peu de temps l’un des meilleurs représentants du One Man Band hexagonal. En trois albums – le dernier, And The Great Unknown étant en deux parties -, Bror Gunnar Jansson a su transformer un genre plutôt confidentiel en un véritable phénomène musical. Gagnant au fur et à mesure en ampleur et en profondeur, il impose son univers, au carrefour des mythes du grand Ouest, version Lomax, et des légendes du Nord. Un western somptueux, hanté de dangereux prêcheurs, d’animaux fabuleux et d’impitoyables duels. Une nuit du chasseur venue du froid en quelque sorte.

Bror Gunnar Jansson – And The Great Unknown Part 1&2 – 2017
Pour en savoir plus : http://brorgunnar.com

William Z.Villain, l’ange du bizarre

Comment ce jeune américain a bien t-il pu se retrouver à gratter de la 6 cordes dans le bocage normand ? Mystère… Toujours est-il que chats et chauves-souris répondent à l’appel de la voix haut perchée de cet adepte du blues dérangeant. C’est la nuit, personne ne bouge, et tante Becky sourit lorsqu’elle parle de l’apocalypse : Ef-ta ! Son album, éponyme, surprend, alternant balades romantiques (Your Song), mélodies inquiétantes (No Friend Of Mine, Anybody Gonna Move) et curiosités sautillantes sur fond de bruits de crickets et autres grattements de peigne. Un One-band de l’étrange donc, dont on attend avec impatience le deuxième album : sortie probable en septembre 2018.

William Z.Villain – William Z. Villain – 2017 chez Normandeep Blues
Pour en savoir plus : http://williamzvillain.com

Kepa, le roi de la glisse

Etre l’un des meilleurs skateurs de sa génération – même s’il dit le contraire – et se faire produire par Taylor Kirk, le leader de Timber Timbre, il y a de quoi manger son harmonica ! Arrêté en plein vol par une mauvaise blessure au genou, le Bayonnais a préféré envoyer balader le corps médical et sortir Doctor, Do Something, premier opus nomade et un tantinet rêveur. Sifflements, rythmiques très « Train Songs », guitare en métal rouillée à grand coup de stress, le tout se révèle accrocheur et fichtrement bien foutu. Sur scène, l’ami Bastien Duvierdier – c’est son vrai nom – n’hésite pas à dédier ses chansons à sa mère, à sa femme ou à sa grand-mère tout en se contorsionnant comme un beau diable. Un vrai coup de coeur.

Kepa – Doctor, Do Something – Le 18 mai 2018 chez Haïku Records
Pour en savoir plus : http://www.kepamusic.com

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