L’Alligator 2015, faim et… fin

Pour son dernier soir à Paris (mais toujours en province jusqu’au 10 mars avec un de nos chouchous, Hanni El Khatib), l’Alligator, tous crocs dehors, a décidé de dévorer différents plats pour son menu : du canard suisse, du rosbeef épicé forcément britannique, et de la galanterie américaine.

Live Report du festival des Nuits de l’Alligator 10ème édition, à la Maroquinerie le 5 mars avec Duck Duck Grey Duck, Theo Verney et Two Gallants.

 La Suisse, l’autre pays du… funk et de la soul

duck duck grey duckPour vous, Suisse rime avec climat montagnard ? Tout faux ! Pour ambiancer la Maroquinerie en ce 5 mars, l’Alligator a misé sur le trio génevois de Duck Duck Grey Duck. C’est donc avec ce groupe, qui est en fait un autre projet du chanteur de Mama Rosin (Robin Girod) que l’on débute la soirée. Pari gagnant. Leur musique réchauffe d’emblée et l’on comprend pourquoi : un mélange sexy et bien foutu de blues, de soul 60’s et de son psyché très 70’s. Leurs titres évoquent, et revendiquent, ce melting-pot, cet univers fantasmé d’une Amérique poisseuse et sudiste : Mexico, Swimming Pool, Ice Cream… Tout un programme donc, entre Californie acidulée et Mississipi rugueux. La décapotable déglinguée est lancée à tombeau ouvert sur la route 66 ce soir à la Maroqu’… sauf qu’elle fait une furieuse embardée direction Brighton !

 

 

Theo Verney : année 1992 ?

Theo VerneyCe doit être à peu près l’année de naissance de ce jeune Anglais fougueux de Brighton qui déboule comme une comète sur scène après nos petits Suisses. Et assurément son année musicale fétiche. En effet, il lorgne dans le rétro musical vingt ans en arrière, époque grunge. Totalement dans ce trip grungy, autant dans le look cheveux-longs-Tshirt-crado, que dans le son trash-rock et violent, Theo a une énergie communicative. Il ne fait pas dans la dentelle (mais le grunge le faisait-il ??), il donne de sa personne, est super content d’être sur scène – ça se voit -, et son batteur, aussi échevelé et dynamité que lui, explose les murs de la Maroquinerie ! On appelle ça du gros son. Ça envoie du bois, c’est fait avec la folie de la jeunesse mais également un certain talent. Keep going, Theo.

Retour au calme…

Two GallantsC’est au tour des Two Gallants, têtes d’affiches, de s’installer sur la scène intimiste de la Maroquinerie. Et effectivement, on passe à un moment beaucoup plus confidentiel après la tornade Theo Verney. Les Two Gallants roulent leur bosse depuis une dizaine d’années maintenant et viennent de sortir un album We Are Undone. Ils sont très souvent comparés à un surprenant mélange des White Stripes et de Bob Dylan. Ce n’est pas faux ! Des premiers, ils ont le côté punk-rock – sans avoir leur débordement festif -, ainsi que les deux instruments guitare-batterie ; du second, ils ont le sens de l’étirement musical, l’importance de la parole et…l’harmonica. La voix d’Adam Stephens est ample et légèrement rauque (une tessiture très américaine), on y voit là aussi une véritable inspiration 90-grunge (Eddie Vedder, sans sa puissance vocale), et pourtant on reste un peu sur notre faim. Ce sont, sans aucun doute, les plus rodés des trois groupes de la soirée, leur talent est réel mais leur mutisme quasi hiératique entre les chansons, malgré des applaudissements hystériques, laisse place à un silence étrange que Tyson Vogel, le batteur, remarque en disant, non sans humour : « votre façon de vous recueillir nous touche, profondément », la salle éclate de rire, lui aussi. Faire le show, c’est aussi communiquer avec le public…

Les Nuis de l’Alligator 2015 sont encore présentes en province, avec Hanni El Khatib le 7 mars à Saint-Etienne et le 10 mars à Caen.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.