La route chante pour Lhasa…

« On rit plus fort après avoir pleuré ». Sur ces mots prononcés tout sourire par Lhasa de Sela débute l’hommage « La route chante » organisé ce 3 décembre par la Philharmonie de Paris. Lhasa racontait ses chansons avant de les jouer, son hommage suit son chemin. Emportée il y a près de 8 ans, c’est au tour de musiciens de nous conter et réanimer sa musique, s’excusant parfois de s’y essayer tel Yves Desrosiers, son premier compositeur. Ils refont l’histoire.

Des élans sud-américains de La Llorona, son premier album, nous entrainent en dansant Amparo Sanchez, Dom La Nena et Luz Casal, accompagnées par un orchestre de guitare, accordéon, violon et violoncelle. Puis la lumière s’éclipse. Anouar Brahem entre en scène, joue quelques notes à l’oud, laissant deviner « Pa’Llegar a tu Lado »… Et soudain, la voix de Lhasa se pose et caresse la mélodie. Le récit d’un chemin parcouru pour pleurer ce soir une séparation. Viennent alors les ténébreux morceaux de ses derniers albums notamment interprétés par son acolyte Patrick Watson. Ils n’invitent plus à la danse. Des lumières s’allument comme les bougies d’une veillée. On navigue d’une intensité à l’autre. On souffre un peu avec Sophie Hunger priant « Con toda palabra ». On sourit au quatuor des complices Jeanne Added, Camélia Jordana, Raphaele Lannadère et Sandra Nkaké, réunies pour nous rappeler les paroles consolatrices de « Love came here ». On se serre le cœur sur « La marée haute » avec Arthur H. Tellement de morceaux, tellement d’histoires, de nouveaux interprètes. Lhasa manque à chaque silence qui précède une première note.

Enfin, une silhouette familière est portée par les musiciens jusqu’au bord de la scène : la mère de Lhasa, émue, nous lit un passage du livre de sa fille au rythme de la guitare de Freddy Koella. Pourquoi sa musique ?

« Tu aurais pu détruire, mais tu as créé. Tu aurais pu tuer, mais tu as donné. Tu aurais pu t’écrouler, mais tu t’es levé. »

On peut rire plus fort.

 

« La route chante », hommage à Lhasa, est le fruit d’un partenariat entre la Philharmonie de Paris et le festival Aurores Montréal.
Le festival continue jusqu’au 9 décembre 2017, pour en savoir plus : www.auroresmontreal.com

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