James Blake au Trianon

Lundi 14 octobre, l’Anglais mélancolique James Blake a pris à nouveau rendez-vous avec Paris, trois mois après sa prestation remarquée à la Cité de la Musique. Le grand garçon (quasiment deux mètres !) arrive sur scène un peu timide, presque gêné par ce physique dégingandé, mais semble plutôt amusé par le décor baroque du Trianon, « It’s good to be back… And this place is very… picturesque ! »

« I’m pretty much a quiet man… »

James BlakePlié en deux devant son clavier, James n’en bouge plus de la soirée. Il n’est pas un show-man. Il a plutôt l’air de ce geek ou de ce nerd au fond de la classe, rêveur et solitaire, caché derrière sa mèche rebelle dont toutes les filles en fait sont folles ! À voir les frémissements et les cris d’hystérie des premiers rangs, son magnétisme semble même avoir pris du galon ! Il faut dire que du charme, il en a revendre, le Britannique… Sa voix, tour à tour haut perchée ou profonde, tient la route en live, nettement plus que je l’imaginais. Son timbre, sombre et aérien, contraste avec ce rythme de basses bien puissantes, bien deep, ce dub électro aux allures de trip hop revisité années 2010. Et quand il s’agit « d’envoyer la sauce », James n’oublie pas qu’il est aussi un jeune mec de vingt-cinq balais qui aime faire la fête ! Il nous balance deux ou trois chansons techno, en mode binaire, dont l’imparable Voyeur qui enflamme la foule compacte du Trianon démarrant au quart de tour !

« I don’t wanna be a star, but a stone on the shore... »

Aux premières notes dOvergrown, les hurlements de la foule le font même carrément rire. En effet, James enregistre sa voix en direct, qu’il superpose pour faire ses propres chœurs. Les cris tournent donc en boucle sur les chansons en arrière-fond. L’effet est d’ailleurs assez réussi. Je me laisse alors, moi aussi, totalement envoûter par le sublime Retrograde. Sans doute son titre le plus abouti, qui combine à la perfection ce mélange d’envolées lyriques et de retombées fragiles, presque brisées, qui sont sa marque de fabrique. Et je décolle définitivement à l’écoute du planant Limit To Your Love. « They’re a limit to your love, like a waterfall in slow-motion… »

Une cascade au ralenti… Le sentiment que l’on ressent quand, pour conclure après le rappel, James revient sans ses musiciens (excellents d’ailleurs), manifestement heureux, chaleureux, un peu éberlué par l’accueil électrique des Parisiens et chante quasiment a cappella dans un silence impressionnant. See you soon, Mister Blake.

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