Au Café de la Danse

Mercredi 30 mars, le Café de la Danse accueillait mon chouchou du moment, James Vincent McMorrow. Ses pièces folks sensibles et épurées m’avaient totalement charmée il y a deux mois, lorsqu’il avait assuré, seul avec sa guitare, la première partie d’Agnès Obel à la Cigale. Cette fois, c’est accompagné d’un groupe que le chanteur apparaît sur scène, pour nous offrir un set assez conventionnel, et collant d’un peu trop près à la structure de l’album « Early in the morning ». En une heure et des poussières, JVMM fait le tour de toutes ses chansons…et puis s’en va, le tout très timidement, sans s’être véritablement imposé…Je reste sur ma faim.

Deux jours plus tard, même salle, même heure, c’est au tour de John Grant de présenter au Café de la Danse ses merveilleuses ballades romantiques et intimistes, superbes soleils noirs, fruits d’un passé torturé de perdant magnifique. En novembre dernier, lors de sa prestation au festival des Inrocks, j’avais déjà été conquise par la douceur et l’intensité de son chant, souligné au piano par des accords délicats, bousculé parfois à coup de synthés anachroniques. Vendredi dernier, John Grant a de nouveau transporté le public avec les émouvantes « Where dreams go to die » et « Marz », sans jamais plomber l’ambiance, le musicien ayant plus d’un jeu de mots dans son répertoire (notamment le désormais cultissime « I wanted to change the world but I could not even change my underwear », extrait du morceau « Queen of Denmark »), plus d’une anecdote hilarante à lancer entre deux morceaux bouleversants. Sans jamais en faire trop non plus.

En effet, si le songwriter se livre entièrement, tant sur scène que dans ses textes, c’est toujours avec simplicité, tendresse et humour qu’il nous parle de son enfance, parfois heureuse, souvent éprouvante, au fin fond du Michigan, de son homosexualité, de sa passion pour la pop music made in 80’s, de ses remises en question, de ses errements éthyliques… Le tout en s’appuyant sur une orchestration sobre et dépouillée, centrée sur les fidèles piano et synthés.

Entre ombre et lumière, espoir et désenchantement, amour et haine de soi, le songwriter est systématiquement sur le fil, fragile, vulnérable, terriblement attachant. Et lorsqu’il nous salue encore une dernière fois avant de quitter la scène, je ne peux m’empêcher de remercier tout bas le groupe Midlake : grâce à ses collègues  Texans, John Grant a trouvé le courage (of others) de changer de sous-vêtements…et de renaître à la musique avec panache.

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2 avis pour “Au Café de la Danse

  • 21/04/2011

    J’aime les matches ! « I wanted to change the world but I could not even change my underwear » : il faut que j’aille écouter s’il s’agit d’un aveu de paresse ou de la vie qui se plante et laisse sans ressources, sinon une tente à planter sous les ponts. « Soleils noirs »… Voilà mon « genre » musical préféré ! Et je retiens Midlake, que ma « mémoire » avait transformé en Milkyway !

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