Aurores Montréal

« On est partis d’bon matin / Pour Québec tout allait ben* ». Bon, en fait, c’est pas vrai, on n’est pas vraiment partis pour Québec mais pour le Divan du Monde afin, le temps d’un soir, de chasser les Aurores Montréal. C’est que la rédaction d’HdO est venue grossir les rangs de ceux qui font exploser le serveur du ministère canadien de l’Immigration ! Parce que d’ici mai 2017, on pourrait bien y aller à la nage, dans ce beau pays, tout en souhaitant, ça ne serait que juste retour des choses, que nos amis québecois nous disent de crisser notre camp.

En attendant, on lorgne du côté des songwriters et performers de Montréal pis d’ailleurs, avec, tout en haut du tas, Bernard Adamus, un ti-gars pas tranquille qui balance de la rime, c’est écœurant ! Trois ans qu’on attendait Bernard sur scène – tu permets qu’on t’appelle Bernard ? – : on n’a pas été déçus ! Bernard est grand à tout point du vue, sapé comme un guenillou (c’est le concept) et toujours prêt, après avoir dûment retiré sa casquette, et gardé ses chaussettes, à vous expliquer la québécitude, avec textes projetés au mur et tout et tout. Euh, y’a écrit quoi là ? Ça, ma vieille, c’est La question à 100 piasses…

Bernard Adamus – Festival Aurores Montréal
Photo : Caroline Bodin – Horsdoeuvre.fr

Adamus, c’est un flow diabolique, évoquant tour à tour le blues du bayou et les rappeurs qui ont du chiac, et la niaque. A défaut de baguette de maître d’école, il fournit le balai et nous, on tente de suivre le rythme de La Diligence ou de n’importe quel autre titre de ses trois albums : Brun, N°2 et Sorel Soviet So What. So What ?? Banjo, saxo, contrebasse, batterie, c’est un sacré gang qui l’accompagne, rien qu’à les entendre, les filles ont des smiles et un vieux, pardon, un Québécois d’un certain âge, me lance « alors, prête, ça va être monstrueux ! ».

Parce qu’à Québec, on peut encore parler à son voisin sans qu’il vous prenne pour un chien. Au début c’est louche pis on s’habitue. Idem quand Bernard, possédé par on ne sait quelle Melpomène peu amène, se lance dans un exercice de diction galvanisant, ou s’allume une clope sur scène. On aurait presque envie de l’embrasser – ne rêvez pas, c’est sa liberté à lui, à Québec, on ne peut même pas s’en griller une en terrasse ! -, surtout quand il dédicace Hola Les Lolos à Daesh ; regard involontaire vers le balcon… Sur scène, plusieurs harmonicas, une bouteille de bière, dehors « tout est laid, il pleut des clous* » mais on s’en fout.

Adamus chante. Il chante Milord, rebaptisé Madame, et ça, ça vous retourne le trip, pour un peu, on se prendrait une brosse pour noyer tout ce blues. A la place, on lui achète un disque… Allez Bernard, donne-nous-z’en, on l’a vue notre Aurore Montréal !

1. Entre ici pis chez vous, sur l’album N°2
2. Le blues à G.G, sur l’album Sorel Soviet So What

A noter, Bernard Adamus n’était que l’une des têtes d’affiches de la 4ème édition du festival Aurores Montréal. Vus également, les excellents The Lost Fingers et leurs reprises iconoclastes à la Django Reinhardt de Kool & The Gang, Technotronic, Michael Jackson ou… Plastic Bertrand. Si, si, on vous jure… En résumé, il y avait de quoi se mettre sous la dent : Lisa Leblanc, Peter Henry Phillips, Louis-Jean Cormier, et bien d’autres. Rendez-vous l’année prochaine !

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