Art Rock : édition 2012

Vous l’avez compris à la bannière qui clignote depuis quelques semaines, cette année, www.horsdoeuvre.fr se rendra à Saint-Brieuc, dans les Côtes-d’Armor afin de constater si Art, Rock et vent marin font bon ménage. A l’affiche : beaucoup de musique mais aussi du théâtre, de la danse, des expositions, de l’art numérique et… des bons petits plats ! Qui de mieux pour nous en parler que son fondateur et directeur, Jean-Michel Boinet.

www.horsdoeuvre.fr : L’aspect pluridisciplinaire du festival, c’est une volonté depuis le départ ?

Jean-Michel Boinet : Oui, dès les premières années, en 1983, nous avons mis en avant des personnalités très éloignées habituellement du monde des festivals de rock, comme Philippe Starck, le designer. Il commençait à peine à être connu lorsque nous l’avons invité à faire une exposition de son mobilier avec d’autres créateurs de l’époque.

HdO : Votre désir est donc de toucher à toutes les formes d’art ?

Jean-Michel Boinet : C’est vrai que l’histoire du festival se raconte plutôt à travers sa programmation. Un tableau éclectique qui va de Royal de Luxe à Philippe Decouflé en passant par Björk, Public Enemy, Dave Stewart d’Eurythmics, Franz Ferdinand, M, sans oublier des expositions comme celle d’Andy Warhol ou une carte blanche à Olivier Assayas… On transcende ainsi, parfois sans s’en apercevoir, les genres et les codes.

HdO : Des choix très personnels, guidés par votre parcours ?

Jean-Michel Boinet : Oui et non, je ne suis pas artiste mais j’ai commencé à organiser des spectacles et des concerts très jeune. Le choix de Saint-Brieuc s’est imposé naturellement puisque j’y vis et que j’aime profondément cette ville. J’ai eu envie de créer ce festival à un moment où prenait naissance un fort élan culturel en France.

HdO : La programmation 2012 impressionne, vous êtes-vous libéré de ces contraintes budgétaires qui menacent parfois certains festivals ?

Jean-Michel Boinet : Non, poursuivre l’aventure du festival Art Rock devient de plus en plus complexe car il s’agit d’un événement très spécifique. Autant sur la grande scène qui a une capacité de 8000 places, les artistes drainent un public abondant et enthousiaste, autant il peut s’avérer plus difficile de mettre en place des projets comme l’art contemporain ou numérique, la danse ou le théâtre car on est alors beaucoup plus dépendant des subventions publiques. Malheureusement, ces derniers temps et surtout cette année, la situation est devenue très très difficile.

HdO : Le festivalier, muni de son pass, peut accéder à toutes les manifestations sans exception ?

Jean-Michel Boinet : Le pass permet effectivement d’assister à tous les spectacles, pendant les trois jours que dure le festival. La seule contrainte est de choisir, par exemple, au moment de retirer son pass, la représentation de Philippe Decouflé qui va leur convenir mais mis à part ça, tout se passe dans la plus grande liberté.

HdO : Art Rock, un festival en cœur de ville, comment ça se passe sur place ?

Jean-Michel Boinet : La grande scène est installée sur une place juste à côté de l’hôtel de ville, reliée aux deux autres scènes grâce plusieurs rues afin de créer une sorte de village en pleine ville. Pour les spectacles de Decouflé et du danseur américain Daniel Linehan, cela se passe dans les Grand et Petit Théâtre à l’italienne de la Scène Nationale. Le village est installé sur la place de la Poste et on peut y découvrir nos découvertes d’artistes du métro parisien.

HdO : Dans « Art », il y a aussi gastronomie non ?

Jean-Michel Boinet : Oui, grâce à Rock’n Toques, le fruit d’une collaboration entre des chefs de Saint-Brieuc et des Côtes-d’Armor, des chefs étoilés notamment et d’autres, parmi les meilleurs de la région. Ce collectif propose aux festivaliers une cuisine dont ils ont rarement l’habitude : ils ne seront pas obligés de se gaver de frites ou des sempiternels hot dog ! Par exemple, Nicolas Adam de la Vieille Tour, un restaurant étoilé de la ville, a imaginé avec Thomas Dutronc un hamburger qui s’appellera Turlututu. Jean-Marie Baudic quant à lui, s’est attaqué au concept de plat à emporter en revisitant le kig ha farz, un plat traditionnel breton. Sans oublier les producteurs de vin invités…

HdO :  Histoire de faire saliver les festivaliers, et les autres, quels sont vos coups de cœur pour l’édition 2012 ?

Jean-Michel Boinet : Philippe Decouflé, dont ce n’est pas la première prestation à Art Rock et dont j’apprécie toujours autant le travail. Il nous proposera Panorama, une sorte de Best Of de ses créations chorégraphiques que je trouve particulièrement réussi et qui donne une image juste de son travail dans toute sa force et son imaginaire. Je pense que le public trouvera vraiment son compte avec des gens comme Charlie Winston, Dionysos, Thomas Dutronc et en ce qui me concerne, deux vrais coups de cœur : la grande voix de la soul américaine, Sharon Jones, et Theophilus London, le petit nouveau de la scène « soul pop hip-hop » américaine. Il a à peine 24 ans et à mon sens c’est déjà un grand !

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