And the stars look very different today…

Je n’ai jamais eu l’occasion encore de remercier la bibliothèque Robert Desnos de Montreuil. Parce que leur collection de disques, de L.A. Woman à Unknown Pleasures, de Blonde on Blonde à The Queen is Dead, a juste changé ma vie. Une vie d’ado aux cheveux ternes, à la peau grasse, qui ne rêvait pas à grand-chose et qui souhaitait plus que tout rentrer dans les cases pour ne pas se faire emmerder une journée de plus au collège. Une vie sans but, sans joie, avec l’impression tenace d’être nulle part à la bonne place. Et puis un jour je me suis rendue dans cette fameuse bibliothèque municipale et j’y ai emprunté un album live de David Bowie enregistré en 1972 à Santa Monica (cet album, intitulé désormais Live Santa Monica’72, a été réédité en 2008). Et tout a basculé. Les versions so rock’n’roll de « Space Oddity », « Andy Warhol », « The Jean Genie », « Suffragette City » ainsi que la reprise brûlante de « Waiting For the Man » que l’on peut entendre sur ce live m’ont marquée à jamais.

http://www.youtube.com/watch?v=LEfYnQ3Gw-M

Ce type à la chevelure rouge tirant sur le orange, à l’ensemble ultra-moulant, qui semble se foutre royalement des questions de genre et de coller à la mode (il était LA mode), ce type-là a donné un sens à ma petite vie ordinaire, sorte d’allégorie de la caverne version glam. Il est devenu ma bouée de sauvetage, mon moteur, mon salut. Sa créativité, sa liberté artistique totale, son écriture habitée, sa prise de risque permanente, son exigence en tout également, m’ont bouleversée, inspirée et rassurée aussi. Oui, il est possible d’exister hors des clous, d’échapper à la pensée unique, à la médiocratie, de se forger sa propre identité et de se renouveler aussi, malgré le temps qui passe. Ses chansons magnifiques, que j’aime particulièrement dans ce Live Santa Monica ‘72, ont autorisé mon cœur à battre à son rythme, le rythme binaire, et depuis que le cœur de Bowie s’est arrêté, le mien est en mille morceaux. Aujourd’hui je repense au 7 janvier et au 13 novembre 2015… Et Ziggy me manque terriblement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.