Les expos du printemps

On profite du printemps pour faire un récap des expos parisiennes encore visibles et qui nous ont plues. La liste est purement subjective et non exhaustive. Et comme nous sommes un site de musique avant tout, nous vous proposons une vidéo pour illustrer chaque expo.

Il y en a pour tous les goûts : le fun et l’animation avec les studios Aardman, la mode avec Gaultier et Lanvin, la photo avec Harry Gruyaert, la peinture avec Bonnard, la chanson avec Piaf…

  • Wallace, Gromit, Shaun…  ILS SONT tous aux Arts Ludiques !

Expo AardmanIncontestablement l’expo parisienne du moment qui file le plus la banane ! D’une richesse extraordinaire, elle retrace le parcours des studios d’animation britanniques Aardman avec une présentation de 50 décors somptueux originaux (le bateau des pirates est un choc !), 350 dessins magnifiques, 60 vidéos drôles et inventives. Au fil des salles, on est de plus en plus éblouis par le génie créatif du studio, et la surprise finit par laisser place à une émotion inattendue : voir en vrai (si !) Wallace et Gromit, Shaun le mouton, les poulettes de Chiken Run, les pirates de Bons à rien, Mauvais en tout ou la lapin-garou est un vrai bonheur !

Aardman. L’art qui prend forme. Jusqu’au 30 août. Musée des Arts Ludiques, 34 quai d’Austerlitz, Paris 13ème

Saviez-vous, par ailleurs, que le studio avait réalisé dans les années 80, des vidéos très célèbres dont la reprise de My Baby Just Cares For Me de Nina Simone et Sledgehammer de Peter Gabriel :

 

  • Une leçon de mode : de Jeanne Lanvin à Jean-Paul Gaultier

Expo GaultierMalgré la compétition acharnée de villes comme Milan, NY ou Londres, Paris reste la capitale incontestée de la mode. Sans doute en partie grâce à ses grands groupes de luxe – les plus puissants du monde (LVMH et Kering) -, mais surtout grâce à son artisanat unique sur la planète. Deux expos de deux maisons de couture radicalement opposées nous rappellent l’effervescence et la créativité parisienne dans le domaine : Jeanne Lanvin au Palais Galliera et Jean-Paul Gaultier au Grand Palais.

La mode au musée, me direz-vous, n’est-ce pas un paradoxe pour un artisanat en soi, éphémère ? Pour en juger, allez voir par vous-même les époustouflantes robes de Jeanne Lanvin, sobres mais couvertes de détails somptueux, et d’une beauté incroyablement « moderne »  (à dire avec l’accent de Karl, pour se mettre dans l’ambiance « modeuse »…). Au Grand Palais, la rétrospective de Gaultier est tout aussi réjouissante, bien que totalement différente. Gaultier prend le contre-pied d’une mode élitiste. Les inspirations sont le rock, le punk, la culture pop, la mode de la rue, le mélange des genres, et de tous les genres justement – filles et/ou garçons -, inspirations bienvenues face à la pensée étriquée et conservatrice qui nous environne depuis quelques années. Gaultier s’amuse, nous amuse, et l’expo montre, derrière cette légèreté, une créativité en recherche permanente.

Jeanne Lanvin. Jusqu’au 23 août. Musée Galliera, 10, avenue Pierre-1er de-Serbie, Paris 16ème
Jean-Paul Gaultier. Jusqu’au 3 août. Galeries Nationales du Grand Palais, 3, avenue du Général-Eisenhower, Paris 8ème

Alors, quoi de mieux que d’écouter la percutante Beth Dito que Gaultier n’a d’ailleurs pas hésité à faire défiler ?

 

  • Bonnard, un peintre à part

Expo BonnardVoilà une très belle expo que nous propose le Musée d’Orsay. Cette rétrospective très complète et très documentée présente les œuvres de Pierre Bonnard (1867-1947), de ses immenses panneaux décoratifs à ses tableaux, éblouissants et lumineux. Les couleurs chez Bonnard explosent totalement, notamment celles de la Côte d’Azur dont la lumière le sidère et où il finit d’ailleurs par s’installer. Mais on est aussi intrigués et hypnotisés par son côté plus sombre. Notamment ses autoportraits d’une intensité troublante, ainsi que les nus dans les baignoires qu’il peint suite au suicide de sa maîtresse, composés  avec des (dé)cadrages étonnants et des couleurs diffuses, opaques, troubles, comme si ces femmes prenant leur bain étaient déjà des noyées…

Pierre Bonnard. Peindre l’Arcadie. Jusqu’au 19 juillet. Musée d’Orsay, 1, rue de la Légion d’Honneur, Paris 7ème

Peindre l’Arcadie, tel est le titre de l’expo… La Côte d’Azur, la mer, les couleurs… Laissons-nous emporter par la Mer de Claude Debussy dirigée par Claudio Abbado :

 

  • Harry Gruyaert, un photographe de la couleur

Harry GruyaertC’est la première grande rétrospective du photographe belge que la MEP propose, et on est étonnés qu’il n’y en ait pas eu une avant ! Maître incontesté de la couleur, Gruyaert a pris ses photos à travers le monde, Belgique, USA, France, Maroc… Leur composition est parfois très simple, parfois très complexe, mais toujours incroyablement construite. Très rarement, les personnes sont de face chez Gruyaert. On les voit de dos, ou souvent de loin, comme ses sublimes photos des plages du Nord de la France et de la Belgique où les personnages ne sont plus que des tâches de couleurs vives dans des tons gris et brumeux propres à la lumière du Nord. Jamais d’ailleurs le Nord n’a eu des couleurs aussi éclatantes. A voir.

Harry Gruyaert. Jusqu’au 14 juin. Maison européenne de la Photo (MEP), 5, rue de Fourcy, Paris 4ème

Et comme on est des gros, gros fans de la musique belge à la rédac, on vous propose un titre tiré du dernier album du groupe Balthazar, qu’on avait d’ailleurs interviewé :

 

  • La môme Piaf à la BNF

PiafTout le monde a en tête une chanson de la môme Piaf ! Pour le centenaire de sa naissance, la BNF retrace à travers cette expo la carrière, mais aussi la vie amoureuse tumultueuse et compliquée d’Edith Piaf à travers des archives très riches et variées, dont sa fameuse petite robe noire. On s’y ballade, le casque aux oreilles, et on se surprend à fredonner un de ses fameux airs : La vie en rose, Mon légionnaire, L’Homme à la moto, Non, je ne regrette rien, Hymne à l’amour… Dingue, comme 50 ou 60 ans après, ça marche encore ! C’est parfaitement irrésistible ! Elle est, et elle a toujours été, une inspiration pour beaucoup – Français ou non – qui ont repris ses chansons : Frank Sinatra, Jeff Buckley, Alain Bashung, Etienne Daho, Grace Jones, Juliette… la liste est sans fin.

Piaf. Jusqu’au 23 août. BNF François Mitterrand, quai François-Mauriac, Paris 13ème

On se refait pour l’occasion la version extra-terrestre et mythique de La Vie en rose par Grace Jones :

 

Et toujours : l’expo Bowie à la Philharmonie (relisez notre article). Mais aussi,  la superbe expo Tatoueurs, Tatoués au musée du quai Branly, le Hip-Hop à l’Institut du Monde Arabe, Velasquez au Grand Palais (si vous n’avez pas peur de faire 3 heures de queue pour vous retrouver entouré par une horde de vieillards grabataires et agressifs collés à 3 cm des tableaux…)

Infos pour La Nuit européenne des musées le 16 mai 2015 : ici !

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