Jonathan Coe : Expo 58

Des espions à chapeau mou et imper beige, des hauts fonctionnaires britanniques obsédés par la définition de la « britishitude », un monsieur tout-le-monde embringué dans les méandres de la guerre froide, le tout teinté de non sense sur fond d’Expo universelle de 1958… Vous pensez à une parodie de James Bond ? Vous voyez déjà Jean Dujardin reprendre du service dans OSS 117 ? Non, il s’agit du nouveau roman de Jonathan Coe, Expo 58.

Jonathan Coe - Expo 58
Jonathan Coe – Expo 58

Sorti au Royaume-Uni en septembre 2013, le livre ne sera disponible en français que l’an prochain, mais Jonathan Coe sera en séance de dédicace le 17 octobre prochain à la librairie parisienne WHSmith de la rue de Rivoli. Une occasion toute trouvée pour vous parler de ce livre trop bath !

Trop bath ? Voilà bien une expression que les charmants espions du livre emploieraient, si seulement ils parlaient la langue de Molière… Apparaissant et disparaissant comme par enchantement, ils bouleversent la vie de Thomas, un modeste rédacteur de « messages à caractère informatif » employé à l’Office central d’Information du royaume. Avec enthousiasme, notre homme se voit parachuté à Bruxelles pour superviser l’organisation du pub anglais construit sur le site de l’Expo 58. Fini la vie tranquille de banlieusard londonien : Thomas se trouve alors au cœur de l’Europe continentale, de la guerre froide et des illusions de progrès infini. Symbole de cette aventure épatante ? L’Atomium, ce magistral monument érigé à la gloire du Progrès qui brille de mille feux et éblouit notre personnage lors de son premier voyage à Bruxelles.

Car l’esprit bienheureux de ces temps révolus – les Trente Glorieuses et leur optimisme sans faille, la foi en l’avenir et la paix – est partout dans le livre. Et comme toujours chez Jonathan Coe, l’humour, l’absurde se mêlent délicatement à la tendresse et à une certaine mélancolie. Il y a les choses pas faites, pas dites, de celles que le héros ordinaire traîne avec abnégation et sur lesquelles il se retourne au soir de sa vie… Mais aussi les détails hilarants, le non sense au coin de la rue (quand ce ne sont pas les agents secrets). Je suis toute guillerette en repensant à une scène d’une drôlerie absolue, où il est question de l’apport fondamental du peuple de Sa Majesté au bien-être de l’humanité par l’invention des… WC. Évidemment, la conversation au sommet entre pontes de l’administration tourne vite à la farce lorsque l’un d’entre eux affirme haut et fort que la reine aussi se rend aux cabinets pour la petite et la grosse commission.

Comme Jonathan Coe nous l’avait confié dans l’interview de juillet 2012 accordée à HdO, il aime changer de registre et jouer avec les genres. Pari réussi avec ce roman d’espionnage qui reste un vrai Coe !

Jonathan Coe sera en dédicace le 17 octobre 2013 à Paris :
Librairie WHSmith, 248 rue de Rivoli, 75001 Paris, à partir de 19 heures.
http://www.whsmith.fr/
Jonathan Coe, Expo 58, Penguin, coll. « Viking », Londres, septembre 2013

 

5 avis pour “Jonathan Coe : Expo 58

  • 16/02/2014

    Hélène,
    Expo 58 est disponible en français ! Régalez-vous.

    Jonathan Coe, Expo 58, Gallimard, sorti le 11 février 2014, 22 euros.

  • 03/11/2013

    Bonjour Elise,

    Je vais attendre la version française pour ce titre, mais une virée « Livres » en remplaçant une autre, il est vrai qu’il n’est pas trop tard pour découvrir Jonathan Coe !

  • 06/10/2013

    Ça a l’air vachement « bath », en effet ! J’irai bien secouer la « paluche » de Jonathan chez WHSmith en tt cas ! Ahaha…

  • 05/10/2013

    Bonjour Hélène,

    Il n’est pas trop tard… Et vous pouvez en plus vous le faire dédicacer le 17 🙂 J’ai vraiment apprécié et savouré ce livre. Une petite pépite anglaise.

  • 04/10/2013

    Voilà… J’aurais dû faire ma liste. Il faut vraiment que je le lise !

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