Le Miel bio d’Arnaud

Déprimé par cet automne parisien terne et pluvieux ? On vous emmène faire une balade ensoleillée et sucrée dans l’arrière-pays varois, à la rencontre d’un sympathique apiculteur-récoltant bio, Arnaud Rocheux.Direction la Provence verte, une région magnifique, entre gorges du Verdon et Côte d’Azur. S’y nichent une kyrielle de charmants bourgs, tels Cotignac ou Tavernes, mais aussi Correns, premier village français 100 % bio, d’où est originaire Arnaud.

Un environnement idyllique et… bio !

Arnaud RocheuxLe rendez-vous est donc pris sur le plateau de Valensole, au-dessus du Verdon, où Arnaud a posé ses ruches, perdues parmi les champs de lavande. L’odeur est déjà enivrante, rien qu’en traversant les lignées de lavandin à l’infini ! Pour que le miel d’Arnaud soit labellisé bio, il est impératif que ses abeilles butinent dans une zone dite de « non pollution », garantie (minimum) à 50 % sans pollution dans un rayon de trois kilomètres autour des ruches – rayon dans lequel une abeille effectue ses déplacements -. En garçon consciencieux, Arnaud s’est assuré que son miel bénéficie de l’appellation IGP « Miel de Provence » (Indication géographique protégée). Une certification européenne stricte, effectuée par un organisme indépendant. Et Arnaud n’utilise ni produits chimiques ni molécules pour éradiquer les maladies (certains apiculteurs ajoutent des antibiotiques… no comment). Pour sa part, il n’utilise que des produits certifiés bio.

Plateau de Valensole

Le passionnant et difficile travail de l’apiculteur

Mais comment un jeune Varois, BTS de mécanicien en poche, décide de devenir apiculteur ? « Un jour, on en a ras-le-bol de pointer », oui, ça, on comprend très bien… Il passe donc par le lycée agricole d’Hyères et effectue une formation d’exploitant. En quoi consiste vraiment ce travail d’apiculteur-exploitant un peu particulier ? Une petite piqûre (d’abeille) de rappel s’impose ! Arnaud nous explique chaleureusement quelques étapes essentielles. Suivez-nous, c’est passionnant.

En février, les abeilles, un peu assoupies durant l’hiver, sont stimulées avec du sirop. Elles sont ainsi plus nombreuses à sortir des ruches, repèrent les lieux, cherchent les fleurs où elles trouvent du pollen, en rapportent davantage au fil de la saison, produisent donc plus de miel et se reproduisent. Objectif  pour l’apiculteur ? Atteindre un nombre d’abeilles maximum fin mars. Il peut ensuite créer d’autres essaims au moyen de divisions. L’essaimage est le mode naturel (et artificiel) de reproduction et de création d’autres colonies d’abeilles. On peut même concevoir une colonie sans reine, dans laquelle les abeilles iront s’en chercher une nouvelle en nourrissant, à l’aide de gelée royale, des larves élues. Car un essaim sans reine ne peut exister. Elle est la seule à assurer le renouvellement de l’espèce. Elle vit en général trois ou quatre ans, alors qu’une abeille « ordinaire » a une durée de vie de quelques mois. Particularité étonnante, une reine est fécondée une seule fois par différents mâles et couve pour le restant de sa vie ! Une fois trop âgée, elle est tuée et remplacée. Ce n’est pas si royal, d’être la reine dans une ruche…

Au printemps, la vie d’une abeille ne dure guère plus de trois à quatre semaines. C’est la période de travail intensif, elles se fatiguent donc davantage. Et les prédateurs (oiseaux, araignées…) et accidents (de voiture ! Dans nos pare-brises, notamment) sont évidemment plus nombreux, en raison de leurs incessants allers et retours. Arnaud effectue des transhumances (il déplace les ruches) qui permettent d’éviter certains prédateurs, tel le frelon asiatique qui s’attaque essentiellement aux essaims sédentaires. Mais la transhumance est surtout le moyen de renouveler les fleurs à butiner, pour éviter la pénurie de pollen et de nectar. Arnaud transporte ses abeilles la nuit en camion ; le matin il place les ruches dans un nouveau lieu plus propice. Le nectar attire les abeilles, et le pollen est l’élément de fécondation de la fleur. « Le pollen, c’est un peu leurs protéines, et le nectar, leur sucre… » ajoute malicieusement Arnaud. Pour faire du miel, il faut donc des fleurs et du nectar en abondance. Et toutes les fleurs ne disposent pas de telles ressources.

Et voici le miel d’Arnaud !

Arnaud produit ainsi cinq variétés de miel, selon la disposition de ses ruches : miels de romarin ; de fleur d’acacia (dans l’Isère) car cette fleur possède beaucoup de nectar ; de châtaignier (en Ardèche) – très riche en pollen ; de lavande à Valensol ; enfin  du miel « toutes fleurs » à Correns. La récolte du miel s’effectue aux beaux jours, d’avril à septembre.

On regarde donc Arnaud à l’œuvre, un peu ébahis de le voir prendre ses ruches à mains nues ! « Là, les abeilles cherchent leurs repères, elle ne piqueront pas. » Oui, mais quand même, il y en a partout ! Arnaud les a auparavant enfumées. Une technique toute simple où l’on brûle des herbes folles qui produisent de la fumée… Les abeilles se retrouvent ainsi déboussolées. Quelques-unes, un peu plus vindicatives ou un peu moins larguées, en profitent pour piquer celui d’entre nous qui porte pourtant une tenue d’apiculteur et tente de prendre des photos ! « Ah oui, elles protègent leur ruche et la reine. » Ok, on les laisse en paix : Arnaud nous fait directement goûter le miel qui dégouline le long des plaques, et là… comment dire ? Ben, c’est une grosse tuerie ! Délicieux !

Ruche Arnaud RocheuxCependant, « la récolte en 2013 a été catastrophique », le printemps ayant été particulièrement pluvieux en France. Sans blague ? « Et le travail de l’apiculteur reste difficile, ajoute Arnaud, on ne peut pas garder une ruche longtemps et elle demande une attention permanente. » Sans parler des problèmes de parasites, récurrents et dévastateurs. Cela dit, la région du Var et des Alpes-de-Haute-Provence reste plutôt préservée par le phénomène de disparition des abeilles, très lié à l’agriculture à rendement industriel, peu implantée en Provence verte. Le climat et le relief escarpé sont peu propices à ce genre d’exploitation des ressources. Le choix du bio fait par Arnaud Rocheux est d’autant plus louable qu’il existe beaucoup d’apiculteurs sans vergogne en France, pratiquant une production intensive et n’ayant que très peu de respect pour les abeilles qu’ils utilisent.

Bon, où peut-on le trouver, ce miel délectable ? Vous n’aurez pas d’autre choix que d’aller passer vos prochaines vacances en Provence. Châtiment plutôt agréable, non ? On a testé le miel de châtaignier et de lavande, et on peut vous dire que les deux dépotent !

Pour joindre Arnaud Rocheux : 06 33 25 40 07 (son numéro est indiqué sur les pots de miel)

Sur le Net : Les paniers Davoine (04 94 38 74 04)

Dans les Alpes-Maritimes :

– Antibes : magasin de Château-Sainte-Croix (domaine viticole), 04 93 33 44 08

Dans le Var :

– Fréjus : AROMA (torréfacteur), 04 94 82 74 95
– Correns (village d’Arnaud) : alimentation-tabac-presse-cadeaux, 04 94 59 57 82
Le Val (situé à côté de Correns, où Brad Pitt et Angelina Jolie possèdent leur château et leurs vignes, eh oui !) : boulangerie Montagnac,  04 94 86 40 77
– Draguignan (04 94 50 44 90), Barjols (04 94 77 12 02) et Brignoles (04 98 05 10 15)  : dans les magasins GAMM VERT
– Tavernes : boutique Le Marché provençal
– Le Castellet : boulangerie La Femme du Boulanger, 04 94 32 65 33
– Brignoles (04 98 05 00 65) et Salernes (04 94 70 68 46) dans les magasins BIOCOOP
– La Garde : boulangerie du Rocher, 04 94 21 63 42

 Dans les Bouches-du-Rhône :

Aubagne, COOP du Garlaban, 04 42 84 21 21

 

2 avis pour “Le Miel bio d’Arnaud

  • 26/09/2013

    Mais comment j’ai pu oublier Ponteves ?? ZE perle of Provence Verte !!!

  • 26/09/2013

    Bien écrit bien documenté, très intéressant, mais j’habite un village perché près de CORRENS, très joli, que vous n’avez même pas cité : PONTEVES et son château, un peu en ruines !!!!!!!!!

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